Le tatouage au Japon

En Occident, le tatouage est un phénomène de mode, très répandu et qu’on affiche sans pudeur. Au Japon, c’est tout l’inverse.

Le tatouage a une connotation négative ; il est associé à la mafia ou tout simplement perçu comme ringard. En effet, aux yeux de la société japonaise, le tatouage n’est pas du tout « cool » mais témoigne au contraire d’un style médiocre.

Bref, le tatouage est très mal accepté au Japon. À l’entrée des bains publics (onsen), vous verrez d’ailleurs des panneaux interdisant l’admission aux personnes tatouées.

Dans le quotidien, il est vivement recommandé de couvrir vos tatouages afin de respecter les coutumes des japonais.

L’histoire du tatouage au Japon:

On appelle irezumi (入れ墨) l’art du tatouage japonais traditionnel. Il recouvre une large portion du corps, généralement tout le dos, le torse et les bras.

L’irezumi prend donc beaucoup de temps à réaliser, souvent plusieurs années.Dans ses motifs, on retrouve souvent la carpe Koï, qui symbolique la force et le courage, ainsi que des dragons ou autres créatures folkloriques.

Parmi les fleurs tatouées, on voit souvent le sakura, qui représente le caractère éphémère de la vie ; la chrysanthème qui symbolise la détermination ; et la pivoine qui représente la richesse. Continuer la lecture de « Le tatouage au Japon »

Marché aux puces de Tenjin (北野天満宮杜弘法市)

Le temple Kitano Tenmangu à Kyoto acceuille tous les 25 du mois un grand marché aux puces, plus connu sous le nom du marché de TenjinIl a lieu quatre jours après le marché aux puces de Tōji, si bien qu’un proverbe local dit « Beau temps au marché de Tōji, temps pluvieux au marché de Tenjin », ce qui sous-entend que le temps à Kyoto change rapidement, seulement en l’espace de quelques jours !

Parmi les deux cent stands, les chineurs trouvent forcément leur bonheur au marché de Tenjin.

On y trouve des pièces inédites d’artisanat japonais, des kimonos, des antiquités, des accessoires traditionnels, des tissus, des objets faits main en tous genres.Ainsi bien sûr que de superbes pièces de céramique japonaise, notamment du raku, à des prix très abordables.D’autres stands proposent aussi de quoi se restaurer. Au menu, des takoyaki (ci-dessous) et autres plats salés ou sucrés pour le plaisir des papilles, et à emporter dans sa promenade. 

Le Mont Fuji


On l’appelle Fuji-san (富士山), Fujiyama ou tout simplement le Mont Fuji. Le célèbre volcan japonais se trouve au sud de l’île de Honshū, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Tokyo. Il culmine à 3776 mètres d’altitude, ce qui en fait le plus haut point du Japon.

Le Mont Fuji est non seulement un symbole national du Japon, mais aussi un lieu de culte et de pèlerinage et une grande source d’inspiration pour les artistes du monde entier.

D’ailleurs, il a été à ce titre inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : « Fuji-san, lieu sacré et source d’inspiration artistique ».

Le mont Fuji serait né, il y a plus de 600 000 ans, de la formation successive de trois volcans qui se seraient rejoint au fil des éruptions. Il s’agit d’un volcan de type explosif, c’est-à-dire que ses éruptions dégagent des panaches de cendres et des nuées ardentes (et non pas des coulées de lave). Sa dernière éruption remonte à 1707, suite au tremblement de terre qui secoua le Japon le 28 octobre 1707. On la nomma l’éruption de l’ère Hōei (宝永大噴火)Aujourd’hui, le mont Fuji est toujours considéré comme un volcan actif, bien que le risque d’éruption soit jugé très faible.

Depuis le VIIème siècle, plusieurs croyances religieuses sont associées à Fuji-san.

Une légende Shinto raconte qu’un empereur japonais détenait un élixir d’immortalité, qu’il ordonna un jour de détruire au sommet du Mont Fuji. Ce serait l’origine de la fumée qui s’en dégage parfois. Continuer la lecture de « Le Mont Fuji »

Torii, le portail japonais vers le monde sacré

Un torii 鳥居 est un portail traditionnel qu’on trouve à l’entrée des sanctuaires Shinto (en japonais jinja 神社) . Le torii a une grande symbolique : c’est la porte d’entrée vers de monde des Kamis (), les dieux du Shintoïsme.

Ce portail délimite donc la frontière précise – qu’on nomme Kekkai en japonais – entre le monde profane et le monde sacré. C’est pourquoi lorsque vous entrez dans un temple Shinto, il vous faut franchir le torii une deuxième fois en sortant, afin de revenir dans le monde des humains. Si vous avez prévu de prendre une autre sortie, vous ne devriez pas passer sous le torii à l’entrée !

Il existe de nombreuses architectures de torii. La plus simple est constituée de deux piliers portant une barre horizontale. D’autres types de torii possèdent plus de piliers ou de barres, et ceux-ci peuvent aussi êtres courbés ou droits.Le torii est fait de pierre, de bois ou de bronze, et parfois recouvert d’une couche de peinture rouge vermillon, comme c’est le cas dans le célèbre sanctuaire Fushimi Imari Taisha (伏見稲荷大社) à Kyoto, qui en abrite plus de dix mille !Ce sanctuaire shintoïste, bâti en 711, est dédié au Dieu du l’agriculture et du riz, Imari. Dix mille toriis y sont alignés sur plusieurs kilomètres, et forment un tunnel dans lequel les visiteurs se promènent. La grande majorité de ces toriis sont en fait des dons de familles fortunées ou d’entreprises. Continuer la lecture de « Torii, le portail japonais vers le monde sacré »

Le karōshi : la mort par surmenage au Japon

Au Japon, le terme karōshi (過労) fait référence aux morts liées à l’épuisement au travail. Le karōshi est reconnu comme maladie professionnelle par les autorités japonaises depuis 1989.   Réel problème de santé publique, cette mort par surmenage cause 200 décès chaque année. Mais ces chiffres ne représentent que la pointe de l’iceberg… Le karōshi est un phénomène de grande ampleur, peu visible et dont on parle peu. Il toucherait en fait plusieurs milliers de salariés japonais chaque année, tandis que des centaines de milliers de personnes seraient « à risque ».

D’après un rapport publié l’année dernière, 22,7% des entreprises japonaises admettent qu’une partie de leurs employés font plus de 80 heures supplémentaires chaque mois. C’est plus d’un salarié japonais sur cinq ! Plus inquiétant encore, ces 80 heures supplémentaires sont considérées comme le seuil officiel à partir duquel le surmenage présente un risque pathologique, et notamment un risque suicidaire.
Au Japon, la surcharge au travail s’explique plus par les moeurs sociales que par un réel besoin financier. C’est même parmi les salariés les mieux payés, notamment ceux qui gagnent plus de 80 000 euros par an, que le karōshi fait le plus de victimes. Continuer la lecture de « Le karōshi : la mort par surmenage au Japon »

Sakura et Samuraï

Historiquement, le symbole du sakura est aussi associé au code moral et éthique du samuraï (侍), qu’on appelle le Bushido (武士道) et qui signifie littéralement « la voie du guerrier ».

En effet, la vie du guerrier féodal était considérée comme belle et courte, à l’image de la floraison du sakura qui ne dure qu’une semaine. Le sakura représente ainsi la voie du guerrier, qui doit vivre et mourir en beauté pour son empereur.

Par la suite, lors de la Seconde Guerre mondiale, le sakura devint le symbole du sacrifice des soldats japonais pour leur nation. Approchant la défaite, en 1945, le vice-amiral Onishi Takijiro (大西 瀧治郎) lança une opération kamikaze de milliers de pilotes japonais. Le gouvernement, afin de motiver ses soldats, les encouragea à penser que leur âme se réincarnerait en fleur de cerisier. Le sakura décorait ainsi le flanc de leur avion ; et alors qu’ils décollaient pour leur mission suicide, le peuple japonais les saluaient avec des branches de cerisier.

Où sont les cerises des sakuras ?

Le sakura est un mot générique qui fait référence aux fleurs du cerisier à l’arbre lui-même. Il est emblématique du Japon, même si on trouve bien sûr aussi le cerisier en Occident.Une question flotte souvent dans l’esprit des visiteurs au Japon… Où sont les cerises des cerisiers ? S’ils resplendissent de leurs milliers de pétales roses, les cerisiers japonais semblent cependant être démunis de fruit.

En fait, les sakura japonais sont pour la plupart stériles ; ils ne donneront pas de cerise ! En effet, ceux-ci proviennent quasiment tous de boutures de mêmes branches. Cela fait plusieurs siècles que les sakuras sont cultivés au Japon en tant qu’arbres ornementaux, c’est pourquoi ils sont tous de la même génération.

Bien que le sakura ne donne pas de fruit, on le retrouve tout de même beaucoup dans la cuisine japonaise. On utilise en effet son arôme pour des pâtisseries et pour parfumer des plats en tout genre !

Takase-gawa, le canal pittoresque de Kyoto

La rivière Takase, appelée en japonais Takase-gawa (高瀬川), est un canal bordant la rue Kiyamachi (木屋町通), au coeur de Kyoto. Elle suit plus ou moins en parallèle le cours de la rivière Kamo-Gawa (鴨川).

Au printemps, Takase-gawa offre un cadre pittoresque, avec près de deux cents cerisiers en fleur le long du canal, de Shijō à Gojo. De plus, lorsque la nuit tombe, les illuminations installées par la ville de Kyoto mettent encore plus en valeur les sakuras. C’est un chemin très apprécié des visiteurs comme des locaux.

La construction de ce canal remonte à la période Edo, mais sa conception remonte même avant, pendant la période Sengoku. En effet, l’histoire commence en 1586 avec le noble Toyotomi Hideyoshi (豊臣秀吉), qui est considéré comme le deuxième grand unificateur du Japon (ci-dessous en photo). Celui-ci ordonna à Suminokura Ryōi (角倉 了以), l’un des plus riches commerçants de l’époque, de trouver un moyen d’approvisionner Kyoto. La capitale impériale était alors isolée, sans port, et manquait de pierre pour la construction de ses bâtiments.

Une vingtaine d’année plus tard, pendant la période Edo, le canal Takase est creusé, reliant Kyoto au port de Fushimi. Le projet fut entièrement financé par Suminokura Ryōi. Le canal devint fonctionnel en 1614 ; une centaine de  bateaux allaient et venaient alors le long de Takase, approvisionnant la capitale impériale en marchandises de toutes sortes. Ci-dessous une réplique des bateaux marchands utilisés à l’époque.

Le canal Takase-gawa contribua grandement au développement économique de Kyoto, jusqu’à ce qu’il fut mis hors service, en 1920.

Le Congrès Mondial du Bonsaï à Saitama

Du 27 au 30 avril 2017 aura lieu le 8ème édition du Congrès Mondial du Bonsaï.

Le tout premier congrès a été tenue au Japon il y a 28 ans, en avril 1989. Tous les quatre ans, il a été organisé dans un pays différent : aux États-Unis, en Corée du Sud, en Allemagne, à Porto Rico, en Chine et finalement, le congrès revient dans le pays du soleil levant.

Il se déroulera au village Omiya bonsaï (大宮盆栽村) de Saitama. Ce village est un lieu spécial pour les enthousiastes du bonsaï au Japon.

Après les dommages causés par le séisme de Kantō (関東大震災) en 1923, les professionnels du bonsaï de Tokyo cherchèrent un nouveau lieu pour cultiver paisiblement. Ils choisirent le village Omiya Bonsaï pour son eau claire, la disponibilité et la fertilité de ses terres. Depuis, le village regroupe une dizaine de pépinières privées, abritant plusieurs centaines de milliers d’arbres bonsaï, ainsi qu’un musée ouvert en 2010.

Tout au long du congrès, les grands maîtres du bonsaï du Japon et d’ailleurs sont invités pour des démonstrations de coupe. De nombreux chefs-d’oeuvre de bonsaï seront bien sûr aussi exposés.De plus, chaque année, du 3 au 5 mai, est organisé le festival « Great bonsaï ». Les amateurs et professionnels du bonsaï pourront ainsi enchainer le congrès puis le festival cette année !