Wagashi, gâteau japonais

Voici le gâteau que j’ai fait. Suis-je pâtissier ? Non, non. A Kyoto, divers magasins font découvrir les gâteaux traditionnels de façon unique.

Les gâteaux japonais, Wagashi, connaissent un essor au XVIIème siècle, période de stabilité sociale. Ils représentent désormais l’une des traditions inlassablement renouvelées par les professionnels. Pourvue d’eau pure, haricots rouges et châtaignes, Kyoto abrite plusieurs maisons de wagashi. Reflétant les saisons, leurs produits sont, pour les Kyotoïtes, comme des madeleines de Proust. De nombreux temples bouddhistes, sanctuaires shintoïstes et maisons mères de la cérémonie du thé les utilisent également lors des fêtes annuelles. Ne manquez donc pas l’occasion de découvrir et d’apprendre à réaliser des gâteaux traditionnels japonais, au cours d’une visite dans l’ancienne capitale impériale.

 

Kanshundo est une pâtisserie située près du musée national. Vous pouvez y prendre des cours de Wagashi sous la direction d’un maître agréable. Il est tellement habile que des fleurs en gâteau s’épanouissent dans sa main.

On utilise de la pâte de sucre pour faire un gâteau sec appelé Kizato (生砂糖), et de la pâte de riz pétri et de sucre pour trois autres gâteaux crus, Uiro (外郎), Nerikiri (練り切り) et Kinton (きんとん).

Horaires des cours : 11h, 13h et 15h (durée : 1h15).

Tarif : 2 000 yens, incluant quatre gâteaux différents et un bol de thé matcha.

Accès : descendre à l’arrêt de bus Sanju-sangendo mae puis 5 min. à pied vers le nord.

Si vous visitez le Palais impérial, il est intéressant de bifurquer vers le musée des sucreries chez Tawaraya-Yoshitomi. Situé près du temple zen Shokoku-ji, cette maison est connue pour son produit Unryu (雲龍), imaginé à partir du dragon peint sur le plafond du temple.

De grands objets d’art multicolores en gâteau, Togei-gashi (糖芸菓子), sont exposés dans le musée des sucreries, avec des moules et des cahiers de dessins transmis de générations en générations. On a un aperçu de l’imagination féconde des artisans, qui créent toujours des gâteaux d’une grande originalité.

Ouv. tlj. sauf mercredi, de 10h à 17h, entrée gratuite.

Accès : station Imadegawa puis 5 min. à pied vers le nord.

 

A Kyoto, il existe des fables concernant les gâteaux. La photo ci-dessus montre le garçon de l’histoire intitulée ‘Manju-kui (饅頭食い)’. Un jour, un homme pose au garçon cette question : « de ton père ou de ta mère, lequel est le plus important pour toi ? » Pour répondre avec à-propos à cette interrogation méchante, le petit scinde son manju (brioche farcie à la pâte de haricot sucrée) en deux parties égales et lui rétorque : « de cette moitié-ci ou de cette moitié-là, laquelle est la meilleure ?

»

Bien que le dessin des gâteaux diffère d’une maison à l’autre, le Wagashi a toujours une forme abstraite. En japonais, ‘wa’ veut dire ‘japonais’, ‘à la japonaise’ ou bien ‘produit au Japon’, mais il peut également vouloir dire ‘s’harmoniser’ et ‘se lier avec’. Le Wagashi est merveilleux comme une fleur éphémère, d’autant qu’il est le plus souvent confectionné à la main. Ces beaux gâteaux sont donc profitables non seulement pour l’estomac, mais aussi pour les yeux.

JSS