Séismes

Suite aux évènements tragiques de ses derniers jours, voici quelques informations sur les séismes au Japon.

Pourquoi la Terre tremble-t-elle toujours au Japon?
Pour caricaturer, on peut dire que le Japon est fait pour être sismique. Cet immense chapelet d’îles est en effet situé à la frontière de quatre grandes plaques tectoniques (voir schéma ci-dessous):

La frontière des quatre grandes plaques tectoniques

La plaque pacifique (en rose clair), la plaque nord-américaine (en violet), la plaque eurasienne (en vert) et la plaque philippine (en rose vif).

La plaque pacifique, qui se déplace rapidement vers l’ouest (à plus de 8 cm par an), s’enfonce sous les autres: on appelle cela une subduction. Les zones de subduction se traduisent par les séismes les plus violents qui soient, mais aussi par un volcanisme intense. L’archipel nippon se situe d’ailleurs sur la Ceinture de feu du Pacifique, un immense arc de plus de 450 volcans qui fait tout le tour du Pacifique, de la Patagonie à l’Alaska et du Kamtchatka à la Nouvelle-Zélande.

Ces plaques sont à l’origine de différentes fosses : la fosse des Kouriles et celle du Japon, la fosse d’Izu-Ogasawara, la fosse de Sagami, la fosse de Nankai, la fosse de Ryukyu et la fosse d’Okinawa.

En conséquence plusieurs jonctions triples se trouvent sur le territoire japonais.

Lignes tectoniques du JaponOn observe ainsi plusieurs failles, notamment :
-la ligne tectonique médiane du Japon traversant le pays du centre-est de Honshū au sud-ouest de Kyūshū via Shikoku,
-la ligne tectonique Butsuzō, plus au sud, qui lui est globalement parallèle,
-la ligne tectonique Itoigawa-Shizuoka, qui traverse le Chūbu de la mer du Japon à la côte Pacifique,
-les lignes tectoniques de Kashiwazaki–Chiba et de Shibata-Koide, à l’est de la précédente,
-celles de Tanakura et de Hatagawa traversant le Tōhoku du nord au sud.

On peut diviser l’arc japonais en quatre zones principales selon ces failles :

-À l’ouest de la faille d’Itoigawa-Shizuoka
-La dépression fossa magna (フォッサマグナ, fossa maguna) entre les failles d’Itoigawa-Shizuoka et de Kashiwazaki–Chiba/Shibata-Koide est une dislocation qui marque la zone de contact des arcs sud-ouest et nord-est. Deux des plus vastes plaines du pays, celles du Kantō et de Niigata se situent au pied de cette grande dislocation, respectivement au sud et au nord. Sur la côte orientale se dressent de nombreux volcans, dont le mont Fuji et le mont Asama.
-Au nord-est, on distingue deux lignes tectoniques courant depuis le nord du Kantō. Elles se rencontrent en formant un angle ouvert dans la plaine de Sendai.
-Enfin, Hokkaidō est une zone formée principalement de sédiments tertiaires et de deux axes montagneux, l’un amorçant Sakhaline, et l’autre axe surtout volcanique amorce les Kouriles. Leur intersection est recouverte d’une énorme calotte volcanique nommé Daisetsu-zan.

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Mizuho et Sakura, les nouveaux shinkansen vers Kyushu

Depuis le 12 mars 2010, Kagoshima, département le plus au sud de Kyushu, est devenu facilement accessible grâce aux nouveaux trains. Les lignes directes entre le Kansai et l’île de Kyushu en passant par le Chugoku permettent d’attirer davantage de touristes. Ces lignes relient Shin-Osaka et Kagoshima-Chûô en 3h45 contre 5h02 auparavant.

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Les plus beaux villages du Japon

Géographiquement, le Japon est un pays insulaire et se caractérise par ses côtes variées, ses montagnes volcaniques et ses vallées profondément découpées. Il y a beaucoup de montagnes et les plaines ne représentent qu’un cinquième de la superficie du pays (377 815 kilomètres carrés). Ce pays est composé de quatre grandes îles : Honshu (本州, île principale), Shikoku (四国, île de quatre départements), Kyushu (九州, île méridionale) et Hokkaido (北海道, île septentrionale), et d’à peu près trois mille petites îles. Le territoire japonais ne représente que les trois quarts du territoire français.

Les quatre saisons sont clairement distinctes. L’été, qui est chaud et humide, commence après la saison des pluies (tsuyu 梅雨) qui dure d’environ entre le mi-juin à mi-juillet. Mis à part le nord du Japon, l’hiver est doux pendant la journée avec de nombreux jours ensoleillés et un air sec. Le printemps et l’automne sont les meilleures saisons de l’année avec une température agréable et un temps ensoleillé. Le printemps fait fleurir les cerisiers (sakura 桜), alors que pendant les mois d’automne la campagne est embellie de toutes les variétés de couleurs.

Il y a 47 préfectures au Japon, mais plus de cent vingt millions d’habitants sont serrés dans ces plaines. Sur l’île Honshu (本州), les trois plus grandes régions urbaines se concentrent sur les trois plaines principales : plaine de Kanto (関東平野), plaine de Kei-han-shin (Kei = Kyoto, han = Osaka, shin = Kobe) et plaine de Nagoya. En effet, 45 % de la population habitent dans ces régions, et entre autres, la conurbation de Tokyo et Yokohama est remplie de 35 millions d’habitants.

Ces cent dernières années, le Japon a connu une grande migration du peuple vers des villes. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la moitié des Japonais vivait dans des campagnes. Aujourd’hui, près de 80 % habitent en ville. Cette urbanisation rapide a entraîné l’exode rural dans plusieurs parties du pays. Le manque de jeunes est un problème sérieux dans certains villages.

Comme l’Association des Plus beaux villages en France, l’Association des Plus beaux villages du Japon (Nihon de mottomo utsukushii mura, 日本で最も美しい村) a été créée en 2005. Elle réunit aujourd’hui 39 villages, de Hokkaido à Kyushu. Paysages pittoresques, maisons aux toits pentus et couverts de pailles, pâturages pleins de vaches… Les habitants sont des paysans et ils se connaissent tous parce qu’ils y vivent depuis leur naissance. Ces quartiers ruraux ne souhaitent pas d’être transformés en gratte-ciel, mais inviter le public à une rencontre avec leur histoire, leur terroir, leur culture et leurs habitants. La photo ci-dessus est Ine (伊根), l’un des plus beaux villages, dans la région de Kyoto.

 

Autrefois, la plupart des Japonais ont habité dans de petits villages et travaillé comme agriculteurs. Certains disent que la société japonaise est profondément influencée par ce contexte car la vie paysanne avait demandé une conscience collective et une coopération entre voisins. Bien que les Japonais contemporains travaillent en ville, ils gardent toujours la nostalgie envers les paysages rustiques. Ceux qui ont une famille dans leur pays natal rural essaient d’y rentrer au moins une fois par an, surtout au Nouvel an. Même si on est né en ville, on a une bonne image de la campagne agricole, comme décrite dans le film mon voisin Totoro (となりのトトロ). Néanmoins, aujourd’hui, il n’y a que 5 % de la population qui s’occupe de l’agriculture.

Mis à part les beaux villages, on voit souvent des montagnes couvertes de cèdres au lieu d’arbres indigènes. C’est le résultat de la politique du gouvernement japonais après-guerre. Il a encouragé la plantation des cèdres car il prévoyait leur utilisation pour reconstruire le pays. Aujourd’hui, selon les régions, ces arbres ne sont pas bien entretenus par l’État à cause des bois moins chers importés en provenance d’autres pays asiatiques. Les cèdres à l’abandon sont la cause d’allerigies aux pollens.

Les travaux de barrages sont aussi souvent controversables. Mais des hommes politiques ruraux, ayant un pouvoir fort, veulent dépenser beaucoup d’argent pour assurer et stabiliser la situation de l’emploi des habitants.

L’Association des Plus beaux villages du Japon fait des efforts pour protéger les paysages et faire découvrir leurs charmes aux touristes japonais et aux touristes étrangers. Pourquoi ne pas les visiter dans le futur ?

JSS