Au pays du soleil, le vent, la géothermie

Le Japon compte aujourd’hui 16 centrales électriques géothermiques, ce nombre reste stable malgré un important potentiel inexploité:  Economiquement, l’investissement est lourd et l’électricité produite reste plus chère que celle produite à partir de gaz, hydrocarbures, hydraulique, nucléaire.

D’un point de vue environnemental, ces centrales sont bien souvent au cœur de parcs naturels et pour faire bref, gâchent le paysage (tuyauterie industrielle rejettant d’énormes nuages de vapeur). Enfin, le Japon a une longue tradition d’utilisation des eaux thermales et exploite ces sources à des fins touristiques (Onsen). On estime ainsi que seul 20% du potentiel électrique géothermique est exploité à l’heure actuelle au Japon.

En effet, paradoxalement, le  Japon a préféré privilégier l’énergie désuète, dangereuse et polluante, qu’est le nucléaire, plutôt que de s’intéresser à cette source gratuite et formidable d’énergie sur laquelle il est assis : la géothermie.

Ces « énormes nuages », que sont-ils face à d’autres nuages qui sont en train de polluer tout le Japon et le monde ?  Quant au prix, quel sera celui à payer pour tenter de réparer la catastrophe en cours de Fukushima ? Alors face aux dégâts humains et financiers, il faudrait peut-être réfléchir à deux fois à la question.

Dans la foulée, le Japon néglige une autre richesse énergétique, gratuite, et inépuisable aussi, le vent. En effet, à la surprise générale, les quelques éoliennes offshore installées au Japon ont remarquablement résisté au séisme et au tsunami lien. Elles ont produit, en 2010, un peu plus de 2300 MW (lien) ce qui place le Japon en 18ème position au rang mondial.

Ce chiffre qui semble important, est à relativiser si on le compare avec l’essor de son voisin chinois qui a fait un bond de 232% en 2007, alors que le Japon, quant à lui, n’a progressé que d’un petit 1%. lien

Et pour continuer sur le chapitre des énergies renouvelables disponibles au Japon, le soleil, le pays manie décidément bien le paradoxe: tout en étant le leader mondial de l’énergie photovoltaïque (la moitié des modules solaires produits dans le monde sont fabriqués au Japon) il préfère les vendre plutôt que d’en installer beaucoup plus sur son territoire.

Donc les solutions existent pour le Japon et le monde, les énergies renouvelables sont l’avenir et la sécurité, à vous de jouer !

Hary Gateaux

Repartition des sources de production d’electrecité au Japon

Dix grandes entreprises électriques, chacune ayant un monopole régional, se répartissent 85 % du marché de la fourniture d’électricité au Japon. Ces compagnies privées contrôlent à la fois la production et les infrastructures de distribution d’électricité. Des dix électriciens, Tokyo Electric Power (Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima) est de loin le plus important, avec 27 % de la capacité de production.
L’électricité japonaise repose à 63 % sur les centrales thermiques (charbon, gaz naturel liquéfié, fioul…), ce qui implique, pour un pays disposant de peu de ressources fossiles, un faible niveau d’autosuffisance : 16 %, selon les données de l’Agence d’information sur l’énergie américaine. Le Japon est ainsi le premier importateur au monde de charbon et de gaz naturel liquéfié. L’énergie nucléaire représente la deuxième source d’électricité (27 %). Une faible part (2 %) est fournie par les énergies renouvelables, bien que le Japon soit le troisième producteur mondial d’énergie solaire et que d’importants projets d’éolien en mer soient en cours de discussion.

Conséquence de la politique pionnière de recherche en économies d’énergie, les Japonais consomment par tête moitié moins d’énergie que les Américains, selon des données de l’ONU. Le niveau de consommation d’énergie est équivalent à celui d’il y a quarante ans, malgré la hausse du niveau de vie. Selon les projections officielles, la consommation énergétique ne devrait augmenter que de 0,7 % par an jusqu’en 2018. Après Fukushima, les Japonais vont donc tenter de tirer parti de leur avance en matière d’économies d’énergie pour réduire leur double dépendance au nucléaire et aux importations de matières premières fossiles.

Relance de centrales thermiques: la France offre au Japon des quotas de CO2
La France a proposé au Japon des droits d’émission de CO2 si l’archipel devait remettre en marche des centrales thermiques pour faire face à la pénurie d’électricité à cause de l’arrêt de réacteurs nucléaires dû au séisme et au tsunami du 11 mars, selon la ministre française de l’Ecologie.