La fête de setsubun du sanctuaire Yoshida (Kyoto)

Les fêtes de setsubun (節分) ont lieu dans tout le Japon le 3 février. Cette date correspond à la veille du printemps selon le calendrier lunaire. On lance des haricots secs, en japonais mame (豆), pour chasser les démons et inviter le bonheur, en disant ‘oni wa soto, fuku wa uchi (鬼はそと、福はうち)’ ; les démons à l’extérieur, le bonheur à l’intérieur. Si vous voulez voir cette fête à Kyoto, visitez le sanctuaire Yoshida (吉田神社), situé près de l’université de Kyoto, qui est connu pour sa cérémonie traditionnelle.

 

Le mot setsubun s’écrit ‘節分’ et veut dire séparer les saisons (節 = saison ou nœud, 分 = séparer). Ce rite marque donc la transition d’un hiver sévère à un printemps doux. Comme la température descend au plus bas pendant cette saison et qu’autrefois beaucoup d’enfants mourraient de froid,  il est compréhensible que les Japonais pratiquent ce rite dans tout l’archipel. Soit dit en passant, le calendrier lunaire est vraiment bien adapté au changement de climat de ce pays. Même aujourd’hui, certains pêcheurs choisissent leurs jours de pêches selon ce calendrier.

Mais pourquoi le 3 février ? La clef de l’énigme réside dans les chiffres : au Japon, les chiffres pairs (2, 4, 6…) symbolisent le yin, l’énergie négative, et les chiffres impairs (1, 3, 5…) le yang, l’énérgie positive. Le 3 février (le 3. 2.) est considéré comme un moment de confrontation du yin et du yang qui engendre l’esprit malin et attire le malheur.

Entre parenthèse, pour cette même raison, les fêtes joyeuses sont pratiquées au Japon aux dates combinant des chiffres impairs car ce sont les moments où l’énergie positive est à son maximum : le 3 mars pour hinamatsuri, fête des petites filles ; le 5 mai pour tango-no-sekku, fête des garçons ; le 7 juillet pour tanabata, fête des étoiles qui rappelle une ancienne légende chinoise sur les étoiles Véga et Altaïr ; le 9 septembre pour chôyô-no-sekku, fête où on mange du potiron en espérant la santé.

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Le dieu du manga, Tezuka Osamu

Tezuka Osamu (手塚治虫) est l’auteur de manga le plus connu au Japon. Autrefois, le manga était considéré comme destiné aux enfants, mais l’auteur l’a élevé au rang du roman ou du cinéma en tant que technique de narration. Il a fondé les bases du manga japonais et ses nombreuses œuvres impérissables sont aimées même des adultes.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, il a obtenu un doctorat de médecine, mais il est devenu dessinateur de manga. Il laisse à son décès en 1989, à l’âge de 60 ans, plus de 700 œuvres. Alors que son nom « Osamu (治) » ne s’écrit qu’avec un seul idéogramme, il s’est créé le pseudonyme « Osamu (治虫) » en y ajoutant un deuxième idéogramme (虫) signifiant « insectes », parce qu’il les aimait depuis son enfance. Son béret et son nez lui servaient de signes distinctifs et un personnage lui ressemblant apparaît souvent dans ses manga.

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Miso, pâte de soja fermenté

Le miso (味噌, みそ) est un aliment fermenté, à base de soja, de sel et d’aspergille (kouji, 麹). Ce dernier est produit à partir des céréales comme le riz ou l’orge ou des légumes secs. Dans les tonneaux, plusieurs sortes de miso sont laissées au repos : aka-miso (赤味噌, miso rouge), shiro-miso (白味噌, miso blanc), kara-miso (辛味噌, miso piquant) et ama-miso (甘味噌 miso doux).

 

Le miso est souvent utilisé dans la cuisine japonaise. Le plat le plus typique est le misoshiru (味噌汁), la soupe de miso. Le riz et le misoshiru sont la base des mets japonais. Malgré l’occidentalisation des habitudes alimentaires des Japonais, le misoshiru est toujours aimé de tous.

 

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Bonsaï -partie 2-

Comme les objets rares, la valeur d’un bonsaï s’élève à mesure que les années passent. Sur certains vieux bonsaïs, une partie du tronc est dénudée. Appelée shari (舎利), os de Bouddha, cette partie est précieuse et contraste avec la couleur brune des parties où subsiste l’écorce, appelées mizu-sui (水吸い, mizu = eau ; sui = absorber), car la sève y circule encore. Cette opposition illustre le cours de l’existence : la vie et la mort.

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Bonsaï -partie 1-

Au Japon, l’horticulture est appréciée des personnes de tous âges. En particulier, le bonsaï (盆栽) est très populaire chez environ un million d’amateurs d’âge moyen. En français, ce mot se prononce [bonzaï] mais en japonais, on dit [bonsaï]. Le plaisir du bonsaï consiste à cultiver de petits plants avec beaucoup de minutie et de persévérance, et à les transformer en une œuvre d’art magnifique.

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Sushi -partie 2-

Généralement, on peut manger les sushi avec les mains. Mais si cela vous rebute, vous pouvez utiliser des baguettes. C’est du côté du poisson que l’on doit mettre du shoyu (醤油), sauce de soja, et non du côté du riz dont les grains risquent de se détacher une fois trempés. Quand ils sont assaisonnés au sel ou au tare (タレ), une sauce corsée, on les mange sans shoyu car c’est la meilleure façon de les savourer.

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Sushi -partie 1-

Le riz et le poisson constituent deux aliments essentiels des Japonais. Utilisant ces deux aliments, le sushi (寿司 ou 鮨) est un des plats les plus appréciés des Japonais depuis longtemps. Quand on mange la boulette de riz et son accompagnement, chaque goût et sensation dans la bouche s’harmonisent et la saveur complexe se diffuse. Entre autre, le nigiri-zushi (握り鮨) est une bouchée de riz avec une tranche de poisson (N.B : nigiru / 握る veut dire serrer). Dans le monde du sushi, on appelle cet accompagnement « neta (ネタ) ». La plupart sont des poissons à chair blanche et rouge ou des fruits de mer comme les crevettes, le calmar et divers coquillages (ebi, ika, kai / 海老, イカ, 貝). Le choix est très varié. Et on appelle le riz qui forme la base « shari (シャリ) » (N.B : ce mot shari Continuer la lecture de « Sushi -partie 1- »