Les Japonais, partie 4 : prise de conscience après le tremblement de terre

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Selon un sondage effectué en 2004 par la station de Kobe de la NHK, la seule chaîne publique de télévision au Japon, 60% des sinistrés sentaient que le souvenir et les leçons du tremblement de terre du 17 janvier 1995 avaient plus ou moins été oubliées par la société. A peine deux ans ont passé depuis le grand tremblement de terre du Tohoku, mais les sinistrés ont toujours cette même inquiétude.

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Priant pour le repos des âmes des victimes (15 881 morts et 2 668 disparus), les sinistrés du Tohoku (315 000 personnes dont 150 000 réfugiés de Fukushima, toujours installées dans des camps provisoires), s’inquiètent que le temps efface les souvenirs. Désormais, les Japonais ne doivent pas oublier qu’il existait, au delà de ces chiffres, d’innombrables victimes parties trop tôt. Ils doivent aussi veiller à la politique énergétique du pays pour qu’une erreur d’une telle gravité ne se reproduise jamais.

 

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En effet, alors que les Japonais respectent l’harmonie sociale, ils se tracassent parfois pour la qualité de leur indifférence eux-même. Mis à part les participants aux manifestations, le sujet du nucléaire n’était pas du tout abordé avant le séisme. Le peuple japonais était indifférent quant au lieu et à la technique de production de leur électricité. Certains pensaient que le nucléaire ne poserait aucun problème si les déchets radioactifs étaient enterrés en profondeur. Cette tendance était particulièrement visible lors des manifestations sur le site Rokkasho (préfecture d’Aomori), sur lequel devait être installée une usine de retraitement à partir de 2007. Alors que cette usine peut produire sept tonnes de plutonium par an, la population semblait s’en accommoder et ne pas comprendre les risques liés aux centrales nucléaires, oubliant par la même occasion que le Japon était le seul pays au monde déjà frappé par deux bombes atomiques.

 

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La cause de l’indifférence des Japonais pour l’énergie provenait de la concentration des industries en milieu rural et de la persistance de la politique d’après guerre pendant près de 60 ans, avec le PLD (Parti Libéral Démocrate, Jimintō) au pouvoir. La population se concentrant dans la capitale, les industries furent délocalisées dans les régions souffrant de l’exode rural avec de grosses subventions à la clé. Ainsi, les citadins ignoraient les lieux de production de l’électricité qu’ils consommaient. D’autant plus que le gouvernement proclamait respecter le Protocole de Kyoto, en décrivant le nucléaire comme une énergie peu polluante. Les Japonais, trop crédules, ont fait confiance aux hommes politiques.

 

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A la suite de nombreuses affaires de corruption, le PLD a subi une grande défaite aux éléctions de 2009. Ce que le peuple a vu, deux ans après cette alternance, c’est l’incapacité du gouvernement à protéger la population et à prendre ses responsabilités face à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Indignés, les Japonais ont enfin reconnu qu’il ne fallait pas être indifférents à leur pays.

 

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Des bénévoles se sont rendus au Tohoku. Des collectes et événements caritatifs ont spontanément été organisés partout au Japon. Des manifestants, toujours plus nombreux, sont descendus dans les rues sans se soucier d’être vus. C’est un phénomène incroyable et nouveau pour les Japonais. La raison pour laquelle les Japonais ont agi ainsi, c’est qu’ils connaissent, au fond, l’importance de la famille et qu’ils ne pouvaient pas laisser tomber les sinistrés qui ont perdu des personnes qui leur étaient chères. En même temps, les Japonais sont devenus plus sérieux vis-à-vis des problèmes environnementaux, pour laisser la nature sans pollution pour leurs enfants et les générations suivantes.

 

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