Les Japonais, partie 3 : importance du repas classique

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Dans les supermarchés, même les légumes indiqués « sans produits chimiques » ne sont pas certifiés sans insecticides, car les néonicotinoïdes, interdits en France, sont couramment utilisés sur ce type de produits agricoles. Il faut dire que la plupart des fermes japonaises dépendent de J.A., coopérative agricole japonaise. Elle oblige les agriculteurs, à utiliser des insecticides agricoles et des engrais afin d’assurer une production massive des cultivars que fournit cette société. Ce sont des graines issues de manipulations biotechnologiques et non pas d’espèces indigènes. Ces F1 hybrides sont la première génération d’un croisement entre deux variétés distinctes. Ces plantes hybrides donnent des graines différentes des graines hybrides F1, obligeant les agriculteurs à racheter des semences chaque année à la coopérative.

 

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Pour le lait aussi, la situation a beaucoup changé par rapport à autrefois : certains producteurs effectuent la traite même sur des vaches gravides. Elles font normalement moins de lait mais la nourriture et la trayeuse électrique permettent d’en produire suffisament. Le problème est que ce type de lait contient une quantité d’hormones femelles potentiellement dangereuse pour les enfants. Selon une étude sur leur constitution physique, une avancée d’un an et demi à deux ans a été remarquée pour l’âge de fin de croissance et celui des premières règles. De plus, cette hormone favorisant l’apparition d’allergies, on note une recrudescence de celles-ci chez les petits japonais. Ce phénomène n’a pas été observé pendant l’après-guerre où les gens buvaient du lait écrémé dont l’hormone incriminée était enlevée en même temps que la crême.

 

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 Les Japonais d’après-guerre étaient reconnaissants pour la farine et le lait écrémé apportés par les Etats-Unis, qui surproduisaient. Le pain et le lait écrémé furent ensuite introduits à la demi-pension des écoles. En dehors de la farine et des céréales, le Japon a aussi importé bon nombre de légumes et de fruits américains. Le taux d’autosuffisance alimentaire, qui était à 82% dans les années 1960, a chuté progressivement jusqu’à atteindre 39% en 2011. La production de riz ne cesse de diminuer à cause de la politique de réduction de la superficie agricole. Les Japonais mangent moins de riz et plus de pâtes et de pain.

 

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En outre, aujourd’hui, ils ne mangent quasiment plus de riz complet ou genmai. Le grain de riz est couvert d’une balle et de son. Le riz cargo (riz complet sans la balle) est brun mais il devient blanc après en avoir décortiqué le son et le germe. Le riz blanc étant autrefois un produit de luxe, les gens le cuisaient avec le genmai et diverses céréales. Cependant, d’un point de vue diététique, le genmai est mieux que le riz complet, puisque le son et le germe le rendent quatre fois plus nutritif (protéine, glucide, graisse, vitamine, minéral et fibre alimentaire). Il contient aussi de l’acide phytique, composé qui permet d’éliminer des matières nuisibles comme certaines hormones. Si les Japonais avaient conservé leurs habitudes alimentaires, ils auraient moins souffert des maladies contemporaines.

 

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Le prix peu élevé de certains restaurants japonais est indubitablement un des attraits du voyage au Japon. Gyudon (bol de riz avec bœuf), yakitori, sushi dans les restaurants avec tapis roulant, produits de convini, fast-food… Cependant, réfléchissez aux conséquences de cette facilité à trouver des aliments peu onéreux et hors saison. Ce que vous pensez « japonais » ou « à la japonaise » n’est donc peut-être pas la vrai vie des Japonais. Bien choisir ce que vous mangez lors de votre voyage, sans céder à la facilité ou aux idées véhiculées par les médias, contribuera à soutenir les producteurs et les cuisiniers honnêtes, qui se soucient de la qualité des produits et persévèrent les traditions. Alors, que faut-il manger pour connaître les véritables habitudes alimentaires japonaises ? Le riz sans sauce, tout d’abord.

 

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