Les Japonais, partie 2 : changement de vie alimentaire

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Yakitori, ramen, tonkatsu… les restaurants japonais sont aujourd’hui nombreux à Paris. Il est amusant de voir que la nourriture japonaise est de plus en plus en vogue en France. Moi aussi, j’aime bien ces plats. Mais sont-ils vraiment les mets traditionnels japonais ?

 

 

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Dans mon enfance, quand je ne mangeais pas les plats que je n’aimais pas, mes parents me grondaient, en disant que le Mottainai-obake apparaissait chez les enfants qui ne respectaient pas la nourriture, ses affaires, l’eau et l’électricité. Par peur, je finissais mes plats et cherchais à ne rien gaspiller. Le mot mottainai signifie « faire de la peine » de jeter quelque chose, et l’obake est un fantôme qui surgit devant un petit garnement. Les enfants japonais sont ainsi éduqués à manger leur bol de riz jusqu’au dernier grain.

 

Wangari Maathai

Ce mot japonais mottainai fut souvent utilisé par Wangari Maathai (1940-2011), biologiste kenyane et première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix pour sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix. Elle fut fascinée, lors de sa visite au Japon en 2005 pour assister à un événement concernant le Protocole de Kyoto, par ce mot japonais qui n’a selon elle pas d’équivalent dans d’autres langues.

 

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Les Japonais sont, à l’origine, un peuple agricole et ont vécu au rythme de la nature. Le washoku, cuisine japonaise, est une alimentation véritablement naturelle, pauvre en graisses et respectant la saveur propre des ingrédients. Cependant, le changement d’habitudes alimentaires a provoqué une dégradation de la santé, une perturbation de la vie quotidienne ainsi qu’une incohérence dans la mentalité japonaise.

 

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C’est après la défaite de la seconde guerre mondiale et l’occupation par les militaires américains que les habitudes alimentaires ont changé au Japon. Les gens étant affamés, les Etats-Unis ont apporté une grande quantité de lait écrémé et de farine. Pendant la guerre, du fait de la pauvreté, les Japonais mangeaient du riz avec des radis ou des patates, de la bouillie de patates et parfois les herbes au bord des chemins. Pour répondre aux besoins en protéines selon la diététique du pays victorieux, la consommation de viande, œuf, lait et pain fut recommandée, alors que les plats classiques japonais étaient de moins en moins consommés.

 

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Or, plus tard il s’est avéré que l’excès de protéines et de graisses n’était pas bon, surtout pour les Japonais dont l’intestin est deux mètres plus court que celui des Occidentaux. Les protéines animales, nécessitant plus de temps de digestion que les légumes et les céréales, laissent des déchets dans l’apareil digestif, produisant diverses toxines et des inflammations. Par conséquent, 68 ans après la guerre, les Japonais souffrent de cancers, maladies cardiaques, infarctus cérébraux, diabète, hypertension, dermatites atopiques et pollinoses.

 

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La nourriture est un sujet à ne pas négliger lorsqu’on s’interroge sur ce que sont les Japonais. Au Japon, le service de restauration est très animé et le repas à l’extérieur coûte souvent moins cher qu’à domicile. Le prix peu élevé attire souvent les touristes étrangers qui ont plaisir à manger dans un restaurant. Pourtant, il faut dire que le taux d’autosuffisance alimentaire est inférieur à 40% au Japon. Alors, comment les restaurants réussissent-ils à proposer leurs plats à de tels tarifs ?

 

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Pour ce qui est de la viande, la plupart du bétail (poulet, porc, bœuf) est nourri d’hormones de croissance et d’antibiotiques. Ils sont forcés de grandir rapidement. De plus, les poules sont élevées dans une basse-cour étroite, alors qu’autrefois elles étaient laissées en liberté et mangeaient des vers de terre. Excepté le bétail de certaines marques bio, l’élevage n’est malheureusement pas exemplaire au Japon.

 

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Les légumes utilisés dans les bento vendus dans les convini, les supermarchés ou les rues le midi, ainsi que dans les restaurants extrêmement bon marché (surtout ceux des grandes chaînes) sont importés de Chine. De plus, pour les désinfecter, des produits chimiques sont utilisés. Les vendeurs ne sont pas obligés d’indiquer le pays d’origine des légumes et peuvent les mélanger avec d’autres ingrédients, surtout s’ils sont considérés comme ingrédients secondaires et que l’espace d’indication n’est pas suffisant. Il est donc difficile de vérifier la composition exacte des produits avec un simple coup d’œil à l’étiquette. Ce qui est sûr, c’est que les produits incroyablement peu onéreux utilisent cette combine.

 

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