Les japonais, partie 1 : la propreté

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Comment trouvez-vous les Français ? C’est la question que les voyageurs me posent de temps en temps. J’essaie de leur donner mon opinion, mais n’ayant pas habité en France pendant plus de deux mois de suite, cela ne reflète pas forcément le vrai profil des Français. Mais je leur retourne la question : comment trouvez-vous les Japonais ?

 

 

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Le mot qui exprime le mieux le caractère des Japonais est sans doute « wa », qui signifie « japonais », « à la japonaise » mais aussi « harmonie ». Cette syllabe est souvent utilisée, comme dans washoku (cuisine japonaise), wafuku (habit japonais), wagashi (gâteaux japonais), washi (papier japonais), wafū (style japonais) et wabun (texte japonais). Ce wa s’écrit 和 en kanji. Il est aussi employé pour waon (和音, accord), heiwa (平和, paix) et chouwa (調和, harmonie).

 

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Dans la société japonaise, l’union des cœurs est la chose la plus précieuse. La liberté individuelle doit donc être réalisée au-delà de l’ordre social. Certains disent que cette mentalité japonaise provient de la société féodale ou de la société agricole d’autrefois, mais je pense que c’est normal que tout le monde respecte les règles sociales pour vivre en harmonie. Les Japonais ont une conscience collective, ce qui a des avantages, mais aussi parfois des inconvénients.

 

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À la différence du Japon, il y a beaucoup de gens d’origines différentes en France. Certains objecteront sûrement, mais je trouve la société française plus ouverte que la société japonaise, qui n’approuve pas facilement les choses ou les opinions divergentes. En plus, j’ai vu plusieurs fois à Paris que certaines personnes aidaient des handicapés dans le métro, alors qu’au Japon, surtout à Tokyo où les gens sont pressés, ils sont insensibles aux difficultés des autres, indifférents, par exemple, si quelqu’un est coincé dans la portière d’un train ou d’un ascenseur. Alors que les infrastructures s’améliorent rapidement, les Japonais sont encore lents à se décider à porter secours aux handicapés, pensant que d’autres le feront.

 

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Par contre, les Japonais aiment indiquer leur chemin aux touristes étrangers. Ce n’est pas rare qu’ils les accompagnent jusqu’à leur destination, même si ce n’est pas la leur. Alors que la plupart des Japonais ne sont pas anglophones, ils se rendent volontiers utiles aux voyageurs égarés. Ceci est dû à l’exaltation de parler avec les étrangers, expérience encore récente pour les insulaires malgré la mondialisation actuelle, ainsi que de la reconnaissance pour être venus visiter le Japon. Ainsi, vous pourrez compter sur les passants si vous vous perdez.

 

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L’autre chose que les voyageurs remarquent souvent au Japon, c’est la propreté des rues, stations et lieux publics, alors que les poubelles sont relativement peu présentes. La rareté des poubelles est due d’abord à la présence des corbeaux. Les dépôts d’ordures des quartiers sont protégés par des filets ou clôtures, afin d’éviter également les chats errants. Exception faite des malappris, les Japonais ne jettent pas leurs ordures sur le bord de la route. Ils les gardent dans leur poche ou leur sac jusqu’à ce qu’ils trouvent une poubelle de convini, sortes de superettes ouvertes 24h/24 et très nombreuses dans ce pays. Par contre, dans les gares, c’est suite aux attentats du 11 septembre 2001 que le nombre de poubelles a été réduit, par crainte des actions terroristes.

 

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Cependant, il ne faut pas penser que les rues japonaises sont toujours propres. L’autre jour, je suis arrivé à Shinjuku avant 5h du matin en prenant le bus de nuit. Des sacs d’ordures, déchargés par des restaurants, et d’où émanait une odeur épouvantable, jonchaient les rues. Mais les gens l’ignorent parce que ces rues sont nettoyées chaque jour par les bennes à ordures avant le lever du soleil. Certes, Tokyo, actuellement la plus grande ville du monde au niveau des activités économiques, est importante pour le pays, mais les gens y sont très stressés pendant la journée. Les employés travaillent souvent beaucoup plus de 40 heures par semaine pour ceux à temps plein, et le soir, ils cherchent des divertissements pour se changer les idées. Alors, est-il possible d’y mener une vie normale, au sens humain du terme ?

 

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