Kabuki ou le théâtre populaire japonais 歌舞伎

Le Kabuki (歌舞伎) est un théâtre traditionnel qui date du XVIIème siècle, il mélange trois arts : la musique, le danse et le drame. Il est joué uniquement par des hommes.

La participation des femmes a été interdite sous le shogunat et cette pratique n’a pas changé depuis. Un acteur ne jouant que des rôles de femmes, Oyama(女形), est souvent plus juste dans son interprétation et plus coquet que si c’était une femme.

Tout y est exagéré et stylisé : les couleurs des costumes élaborés et voyants, le maquillage original et symbolique (Kumadori, 隈取), les rôles surhumains et les moments d’arrêt dans les gestes de l’acteur aux points culminants de l’action. C’est cet ensemble qui constitue la beauté pittoresque du Kabuki.

Les éléments musicaux sont importants : la scène se déroule en musique, les acteurs parlent sur un rythme musical et les effets sonores expriment même ce qui est silencieux, comme la neige qui tombe. Les décors, le changement instantané des costumes divers truquages frappants et les mécanismes spéciaux de la scène ajoutent au charme du Kabuki.

A Tokyo, le théâtre Kabuki-za (歌舞伎座) a été détruit. Considéré comme le meilleur théâtre de Kabuki de la fin du XVIIème siècle, le Kabuki-za, reconstruit plusieurs fois, a donné ses dernières représentations en 2010. Il a laissé place en 2013, à une tour moderne de 49 étages. Le gratte-ciel, qui comprend des salles de théâtre, reprend à sa base des éléments architecturaux rappelant l’ancien bâtiment.

Le Kabuki-za avait été construit en 1889 et détruit par les flammes en 1923. A peine reconstruit, il avait été de nouveau mis à mal par un tremblement de terre. En 1945 le théâtre avait subit les bombardements américains. Le bâtiment détruit en 2010 datait de 1950. Il avait conservé le style traditionnel de 1924. Malheureusement au Japon la destruction du patrimoine est fréquente avec pour argument les normes de sécurité sismique…. Une bonne excuse, peut-être un peu trop facile, pour tout raser et faire souvent n’importe quoi… à suivre!