Le quartier Demachi (Kyoto)

Si vous voulez découvrir la vie familiale des Japonais, visitez les rues commerçantes, shotengai (商店街). Je ne veux pas parler ici des rues animées du centre-ville, mais celles des faubourgs. Avant que les grands magasins ne soient construits, les gens allaient aux commissions dans les shotengai. De petits magasins spécialisés bordent les passages couverts dont les arcades ont été construites par les commerçants qui voulaient rendre leurs rues plus commodes les jours de pluie. Vous pourrez y apercevoir la vie authentique des Japonais.

Cependant, les magasins individuels sont de plus en plus en difficultés. Après les dérégulations successives, surtout celles du gouvernement Koizumi Junichiro (2001-2006), beaucoup de petites et moyennes entreprises ont fermé. Les boutiques des passages commerçants ayant gardé les rideaux baissés, la disparité des revenus s’est élargie.

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Panneaux solaires sur toutes les nouvelles constructions au Japon

Le projet, prévu pour être dévoilé au prochain sommet du G8 en France, a pour objectif de montrer la volonté du Japon à encourager l’innovation technologique et promouvoir une plus large utilisation de l’énergie renouvelable, a déclaré le Nikkei daily.

Le Japon se débat avec le tremblement de terre, le tsunami et la crise nucléaire depuis le 11 Mars, il essaient toujours de stabiliser la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Mardi, le premier des deux jours du sommet à Deauville, en France, le Premier Ministre, Naoto Kan, devrait annoncer l’intention du Japon de continuer à faire fonctionner ses centrales nucléaires après la confirmation qu’elles sont sûres, a déclaré le Nikkei, sans citer de sources.

Mais il devrait aussi dévoiler un projet pour accélérer l’utilisation des énergies renouvelables et réduire la consommation d’énergie. Kan pense que l’installation obligatoire des panneaux solaires sur toutes les nouvelles construction (immeubles, maisons individuelles) aiderait le Japon à atteindre de tels objectifs, a déclaré le Nikkei.

Il espère que l’innovation technologique va faire baisser les coûts pour générer l’énergie solaire et par conséquent, d’étendre l’utilisation de l’énergie renouvelable…enfin une bonne nouvelle au Japon!

Au pays du soleil, le vent, la géothermie

Le Japon compte aujourd’hui 16 centrales électriques géothermiques, ce nombre reste stable malgré un important potentiel inexploité:  Economiquement, l’investissement est lourd et l’électricité produite reste plus chère que celle produite à partir de gaz, hydrocarbures, hydraulique, nucléaire.

D’un point de vue environnemental, ces centrales sont bien souvent au cœur de parcs naturels et pour faire bref, gâchent le paysage (tuyauterie industrielle rejettant d’énormes nuages de vapeur). Enfin, le Japon a une longue tradition d’utilisation des eaux thermales et exploite ces sources à des fins touristiques (Onsen). On estime ainsi que seul 20% du potentiel électrique géothermique est exploité à l’heure actuelle au Japon.

En effet, paradoxalement, le  Japon a préféré privilégier l’énergie désuète, dangereuse et polluante, qu’est le nucléaire, plutôt que de s’intéresser à cette source gratuite et formidable d’énergie sur laquelle il est assis : la géothermie.

Ces « énormes nuages », que sont-ils face à d’autres nuages qui sont en train de polluer tout le Japon et le monde ?  Quant au prix, quel sera celui à payer pour tenter de réparer la catastrophe en cours de Fukushima ? Alors face aux dégâts humains et financiers, il faudrait peut-être réfléchir à deux fois à la question.

Dans la foulée, le Japon néglige une autre richesse énergétique, gratuite, et inépuisable aussi, le vent. En effet, à la surprise générale, les quelques éoliennes offshore installées au Japon ont remarquablement résisté au séisme et au tsunami lien. Elles ont produit, en 2010, un peu plus de 2300 MW (lien) ce qui place le Japon en 18ème position au rang mondial.

Ce chiffre qui semble important, est à relativiser si on le compare avec l’essor de son voisin chinois qui a fait un bond de 232% en 2007, alors que le Japon, quant à lui, n’a progressé que d’un petit 1%. lien

Et pour continuer sur le chapitre des énergies renouvelables disponibles au Japon, le soleil, le pays manie décidément bien le paradoxe: tout en étant le leader mondial de l’énergie photovoltaïque (la moitié des modules solaires produits dans le monde sont fabriqués au Japon) il préfère les vendre plutôt que d’en installer beaucoup plus sur son territoire.

Donc les solutions existent pour le Japon et le monde, les énergies renouvelables sont l’avenir et la sécurité, à vous de jouer !

Hary Gateaux

Le clou qui dépasse attire le marteau

On voit depuis quelques semaines dans tous les médias les images d’un Japon ravagé, mais où sa population se tient debout, digne, courageuse et résignée. Cette persévérance dénuée d’indignation, cette force dénuée de violence, cette patience dénuée de ressentiment nous présentent une réalité très différente et beaucoup plus noble que ce qu’on a pu voir dans d’autres théâtres de catastrophe à Haïti, à Mexico, à la Nouvelle Orléans.

Cette démonstration sans égal tient en grande mesure à une expérience unique que le Japon a menée depuis plus de 600 ans : la lente et systématique création par ses élites d’une société hautement organisée et intégrée et d’une population étonnamment conformiste et docile. L’essentiel de ce travail a été mené par le Japon des shoguns, en vase-clos, sur une île qui s’est fermée à toute incursion étrangère pendant plus de 500 ans jusqu’à la Restauration Meiji au milieu du XIXe siècle.

Au sommet de la société japonaise on trouve un conglomérat qui réunit la triade gouvernement, entreprises et banques dans un tissage extrêmement serré. Entre les parties de cette triade, les hauts dirigeants circulent très librement, un haut fonctionnaire peut devenir dirigeant d’entreprise, pour ensuite devenir ministre puis retourner au mandarinat d’État. Les grands groupes dominants, qu’on nomme les zaibatsu et où on trouve les colosses Mitsubishi, Mitsui, Sumitomo et quelques autres, sont les faisceaux autour desquels les élites du pays articulent et organisent la société japonaise.

La pression de se conformer aux exigences du groupe est considérable et omniprésente et toute déviation par rapport aux normes est directement réprimandée ou silencieusement condamnée. Cet impératif de conformité opère dès l’enfance, ici on dit : le clou qui dépasse attire le marteau.

Repartition des sources de production d’electrecité au Japon

Dix grandes entreprises électriques, chacune ayant un monopole régional, se répartissent 85 % du marché de la fourniture d’électricité au Japon. Ces compagnies privées contrôlent à la fois la production et les infrastructures de distribution d’électricité. Des dix électriciens, Tokyo Electric Power (Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima) est de loin le plus important, avec 27 % de la capacité de production.
L’électricité japonaise repose à 63 % sur les centrales thermiques (charbon, gaz naturel liquéfié, fioul…), ce qui implique, pour un pays disposant de peu de ressources fossiles, un faible niveau d’autosuffisance : 16 %, selon les données de l’Agence d’information sur l’énergie américaine. Le Japon est ainsi le premier importateur au monde de charbon et de gaz naturel liquéfié. L’énergie nucléaire représente la deuxième source d’électricité (27 %). Une faible part (2 %) est fournie par les énergies renouvelables, bien que le Japon soit le troisième producteur mondial d’énergie solaire et que d’importants projets d’éolien en mer soient en cours de discussion.

Conséquence de la politique pionnière de recherche en économies d’énergie, les Japonais consomment par tête moitié moins d’énergie que les Américains, selon des données de l’ONU. Le niveau de consommation d’énergie est équivalent à celui d’il y a quarante ans, malgré la hausse du niveau de vie. Selon les projections officielles, la consommation énergétique ne devrait augmenter que de 0,7 % par an jusqu’en 2018. Après Fukushima, les Japonais vont donc tenter de tirer parti de leur avance en matière d’économies d’énergie pour réduire leur double dépendance au nucléaire et aux importations de matières premières fossiles.

Relance de centrales thermiques: la France offre au Japon des quotas de CO2
La France a proposé au Japon des droits d’émission de CO2 si l’archipel devait remettre en marche des centrales thermiques pour faire face à la pénurie d’électricité à cause de l’arrêt de réacteurs nucléaires dû au séisme et au tsunami du 11 mars, selon la ministre française de l’Ecologie.

Le Japon met (en)fin prématurément à sa campagne de pêche à la baleine cet hiver.

Sushi à la baleine

Le Japon a décidé d’interrompre prématurément sa campagne de pêche à la baleine dans l’Antarctique cet hiver en raison du cause d’harcèlement mené par l’association de défense de l’environnement Sea Shepherd a déclaré vendredi le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Mr Michihiko Kano.

“Le ministre a dit que la campagne allait s’interrompre parce qu’il était devenu difficile d’assurer la sécurité des équipages en raison du harcèlement incessant de Sea Shepherd” a rapporté la télévision publique NHK. L’Agence des pêches avait déjà annoncé mercredi la suspension depuis le 10 février des activités du Nisshin Maru, le navire-usine de la flotte nippone, pour des raisons de sécurité.

Le Japon pêche chaque année plusieurs centaines de baleines dans l’Antarctique au nom de la “recherche scientifique”. Alors que la chasse commerciale au cétacé est interdite depuis 1986, les autorités japonaises affirment qu’il s’agit d’une tradition culturelle ancestrale, un argument rejeté par les écologistes.

Pour rappelle d’autre pays dans le monde on cette pratique ancestrale mais l’on déjà arrêtait, c’est aussi une question de responsabilité vis-à-vis de la communauté mondiale. N’oublions jamais que nous vivons tous dans la même maison, dite “la Petite Planète Blue” alors sachons la protéger, la respecter et la préserver il en va de notre avenir à tous.

Politique : Yes we Kan !

Visite ce jour du Premier Ministre Français François Fillon à Tokyo, profitons en pour faire un petit tour politique du Japon.

Dans la Constitution japonaise (日本国憲法), le peuple japonais s’engage à perpétuer les nobles idéaux de paix et de démocratie. L’actuelle Constitution diffère de la Constitution d’avant-guerre sur des points très importants. Les principaux sont les suivants : L’Empereur est le symbole de l’État et du peuple. Le peuple détient le pouvoir souverain. Le Japon comme droit souverain renonce à la guerre. Il renonce également à l’usage de la force comme moyen de règler les différends internationaux. Les droits fondamentaux de l’homme sont garantis comme droits éternels et inviolables.

Les membres de la Chambre des conseillers (Sanngiin 参議院) comme ceux de la Chambre des représentants (Shugiin 衆議院) sont élus comme représentants du peuple. La Chambre des Représentants a la prépondérance sur celle des Conseillers. Le Cabinet est investi du pouvoir exécutif et est responsable devant le Parlement.

L’Empereur n’a aucaun pouvoir en ce qui concerne le gouvernement. Il n’accomplit que certains actes stipulés dans la Constitution. Il nomme par exemple le premier ministre (総理大臣) et le président de la Cour Suprême de Justice (最高裁判所). Toutefois, le premier ministre est d’abord désigné par la Diète (国会) et le président de la Cour Suprême par le Cabinet (内閣). Le Parlement est la plus haute organisation de l’État et le seul corps législatif. Le Parlement se compose de la Chambre des représentants avec 480 sièges et de la Chambre des conseillers avec 242 sièges.

Aujourd’hui, les deux plus grands partis politique sont le parti libéral-démocrate « Jiminto 自民党 » (équivalent UMP en France) et le parti démocrate « Minshuto 民主党 » (équivalent du MODEM). En fait, les élections de la Chambre des représentants ont eu lieu le dimanche 11 juillet 2010. Par conséquent, le premier a gagné 51 sièges et le dernier, 44 sièges. Continuer la lecture de « Politique : Yes we Kan ! »