Izanagi et Izanami, les Kami importants – 1

Au cours de notre article « Temple ou sanctuaire ? », nous nous étions intéressé au Shintoïsme et sa vénération des kami. Cette religion abritant par essence des milliers voir un nombre infini de kami, nous allons aborder aujourd’hui les kami primordiaux, ceux qui vous permettrons de comprendre telle ou telle référence dans un sanctuaire ou dans la culture japonaise.

Au commencement, les divinités homme, Izanagi, et femme, Izanami, créèrent le Monde et le Japon à l’aide d’une lance ornée de joyaux, Amenonuhoko. Rendu sur le pont entre le Ciel et la Terre (Ame-no-ukihashi), Izanagi agita la mer avec la lance sacrée, et fit émerger des éclaboussures de la lance la 1ere île de l’Archipel : Onogoro-shima. Les deux divinités descendirent alors sur Terre et érigèrent un palais où une immense colonne fut le pilier du Monde. Amoureux l’un de l’autre, les deux divinités mirent au point une cérémonie nuptiale : ils entourèrent le pilier, Izanagi à gauche et Izanami à droite, et une fois retrouvés, Izanami parla la première. Dès lors, elle donna naissance à Awashima la petite ile de 9,78 km2, ainsi qu’ à une énormité, Hiruko ou Ebisu, futur divinité des pêcheurs, des marchands et de la prospérité (que l’on retrouve aujourd’hui sur les bières Yebisu). Le couple renouvela la parade nuptiale si ce n’est qu’Izanagi prit cette fois l’initiative : les 8 principales iles du Japon naquirent, ainsi que de nombreux kami des montagnes, des fleuves, des plaines, du vent

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Redevance NHK

Article un peu particulier aujourd’hui puisque nous allons aborder des aspects du Japon qui nous ont étonné, amusé…

Le premier d’entre eux est assez déroutant pour tout ceux qui on l’image d’une administration japonaise moderne, bien organisée et huilée : la taxe NHK. C’est la redevance audiovisuelle que nous connaissons en France. Le principe est le même : les possesseurs de téléviseurs payent une redevance chaque année afin de financer la télévision publique.

Elle s’élève à ¥13 990 par an, ou ¥24 770 pour la télévision par satellites. La différence se fait dans le mode de collecte qui diffère entre les deux pays. Et la façon japonaise semble si archaïque, presque moyenâgeuse : ici, pas de case à cocher sur la déclaration de revenu chaque année ni d’enregistrement de votre nom et adresse par votre vendeur de TV. Non, au Pays du Soleil Levant, la collecte se fait uniquement par un employé de la NHK, qui fait du porte à porte, afin de solliciter l’habitant à payer la taxe.

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Le Rugby au Japon

Du 20 septembre au 2 novembre 2019, le Japon va accueillir la 9eme Coupe du monde de rugby, et c’est une petite révolution dans le monde de l’Ovalie, car ce sera la 1ere fois que la compétition se déroulera en Asie

Et c’est tout à l’honneur des japonais, car si nous l’ignorons en Europe, le rugby est assez populaire au Japon (même si nous sommes loin de l’engouement notamment du baseball, ou du football). Malgré tout, le Japon regroupe pas moins de 108 000 licenciés, le plaçant dans le top 10 des nations ayant le plus de licenciés (la France en totalisant 258 000, et le 1er du top l’Afrique du Sud avec 635 000 licenciés). Car mine de rien, ce sport est présent dans l’Archipel depuis plus de 150 ans, grâce notamment à Ginnosuke Tanaka (田中銀之助 -1873-1933) et Edward Bramwell Clarke (1874-1934).

Toutefois, une nuance s’impose, puisqu’à l’époque, le rugby était surtout pratiqué par les étrangers installés au Japon, en particulier à Kobe et Yokohama, suite à l’ouverture du pays sur le monde durant l’ère Meiji. De plus, à l’instar des autres Nations de l’Ovalie, le rugby japonais fut amateur à 100% : les joueurs étaient soit des étudiants, soit des employés d’entreprises.

D’ailleurs, anecdote sympathique, le plus ancien club de rugby japonais, celui de l’Université de Keiō à Tokyo, fut crée en 1899, soit bien avant la naissance du Stade Toulousain en France (1917). Leur équipe nationale, les « Cherry Blossoms » (les Fleurs de Cerisiers) ou les « Braves Blossoms » remporte leur 1ere victoire officielle internationale face au Canada, 9 à 8 en 1932.

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Temple ou sanctuaire ?

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Pour avoir la réponse à cette question, il faut tout simplement avoir à l’esprit que le Japon abrite deux religions principales : le Bouddhisme et le Shintoïsme.  Ce dernier est beaucoup moins connu en Occident, et le profane aura tendance à penser que les japonais sont tous bouddhistes. Ceci s’explique par le caractère intrinsèquement japonais du shinto : il n’existe que sur l’Archipel.

En effet, animiste et polythéiste, le Shinto (神道) est la plus vieille religion connue du Japon (en excluant le koshinto, « l’Ancien Shinto », pratiquée il y a des milliers d’années durant l’ère Jōmon – 縄文時代- par les premiers habitants du Japon, et dont un héritage se retrouverait aujourd’hui dans la religion des Aïnous d’Hokkaido et la religion des Ryūkyū à Okinawa). Le Shinto, ou « la Voie du Divin », déifie et sacralise la Nature, les animaux, et certains personnages importants. Ainsi, une rivière, une cascade, ou un simple rocher peuvent abriter une divinité ou un esprit : ce sont les kami (). Il y aurait aujourd’hui 90 millions de shintoïstes au Japon.

Le Bouddhisme, originaire d’Inde et ayant pour aboutissement la quête de l’Éveil, est arrivé sur l’Archipel par le biais de la Chine et de la Corée à partir du VIe siècle. Adopté dès lors par de puissants clans japonais, le Bouddhisme se développa rapidement. Aujourd’hui, il y aurait 89 millions de bouddhistes au Japon….

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Akimahen ! Ne pas faire !

« Akimahen » en dialecte de Kyoto se traduit par « Ne pas ».

Voyager dans un pays étranger, qui plus est à des milliers de km, signifie se confronter à une culture et une société qui peuvent être différentes des siennes. Et particulièrement en voyageant sur l’Archipel. Le Japon devient de plus en plus une destination attractive pour les touristes du monde entier. Et avec l’avènement des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, cela risque d’aller crescendo. Longtemps isolé volontairement du Monde durant le sakoku (鎖国 – 1641-1853) et ouvert aux tourismes de masse depuis cinq ans, le Pays du Soleil Levant et l’étiquette japonaise peuvent dérouter tout un chacun, notamment les néophytes du Japon.

A cet effet, le Département du Tourisme de la ville de Kyoto a mis au point en 2015, un fascicule au nom de « Akimahen » afin d’alerter les touristes sur le bon comportement à adopter en société, soit les règles de bonne conduite en somme. Si certaines semblent universelles tel que laisser les toilettes propres, d’autres sont purement en adéquation avec la culture japonaise.

Par exemple, fumer à l’extérieur dans certains endroits est prohibé : pour les fumeurs invétérés, des espaces fumeurs sont disponibles un peu partout. Amende : 1000 yen. Etonnant la 1ere fois, les portes des taxis japonais s’ouvrent et se ferment automatiquement. Il est également interdit d’avoir un passager sur son vélo, hors enfant en bas âge avec une selle spéciale), et de faire du vélo sous l’emprise de l’alcool. Ainsi, il arrive parfois que dans un restaurant, après avoir commandé une boisson alcoolisée, l’on vous demande si vous êtes venu en voiture… ou a vélo !

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Le parc de Nara

Sur l’île d’Honshū (本州), la principale île du Japon, le Kansai (関西地方), situé à l’ouest, est réputé pour être le centre historique et culturel de l’archipel. Ce n’est donc pas un hasard si nous y trouvons la deuxième ville la plus visitée par les élèves japonais lors de voyages scolaires : Nara, 奈良市 (la 1ere étant bien sûr Tokyo Kyoto et ses 2 000 temples). Prononcée « Nala », elle fut la capitale du Japon, sous le nom de Heijō-kyō (平城京), lors de la courte période dite de Nara (710-794), soit durant « l’Antiquité » japonaise, Kodai (古代).

A l’instar de notre article précédent sur la Montagne des singes, Nara est célèbre pour abriter un autre sanctuaire animalier dédié cette fois aux cerfs shika : le parc de Nara (奈良公園). Telle la vache en Inde, le cerf était considéré comme divin au Japon, et le chasser était puni de la peine de mort jusqu’en 1637. Ce statut découle d’une légende selon laquelle en 768, le Dieu du Tonnerre, Takemikazuchi (建御雷/武甕槌), se rendit à Nara, alors capitale, monté sur un cerf blanc, pour offrir sa protection à la cité et au Japon, contre les séismes notamment. Depuis, les habitants de Nara eurent pour coutume de s’incliner au passage de cerfs, considérés alors comme messagers des Dieux. Suite à la séparation du Divin et de l’Etat enclenchée à l’issue de la 2nd Guerre Mondiale, les cerfs de Nara devinrent un Trésor Naturel en 1957.

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La Montagne des singes d’Arashiyama

Si vous êtes du genre à vous renseigner un maximum pour votre prochain voyage au Japon, vous êtes surement tombé sur ces brochures touristiques ou autres livres spécialisés sur le Japon dont la couverture présente tantôt une Geisha, tantôt Fuji-San, tantôt un torii, … et parfois tout à la fois ! Et souvent, un petit animal, exclusif à la péninsule : le macaque japonais, fréquemment représenté se réchauffant dans un onsen.

Plus connu pour sa forêt de bambou, Arashiyama, à l’ouest de Kyoto, compte aussi un autre endroit agréable, souvent mésestimé par les touristes : la Montagne des singes. Au moins sportif d’entre vous, soyez rassuré, c’est une petite marche de 20 minutes environ qui vous conduiront dans ce sanctuaire animalier où les singes vivent dans leur environnement naturel. Ici, pas de cage, si ce n’est pour les visiteurs humains, où une cabane munie de grillages permet de nourrir les singes  avec des morceaux de pomme ou banane (100 yen) et d’observer l’animal à quelques cm en toute sécurité pour vous et lui.

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Le Château d’Osaka

Le château d’Osaka est l’un des châteaux les plus célèbres de l’archipel. Notamment grâce à son intérêt historique puisque ce n’est pas moins de 435 ans que nous contemplons depuis ses remparts. Enfin bien entendu si nous mettons de côté que l’édifice fut détruit et reconstruit de nombreuses fois, au gré des nombreuses guerres qui déchirèrent le pays pendant des siècles.

Son propriétaire n’est autre que Toyotomi Hideyoshi (豊臣秀吉 1537-1598) qui en décida l’édification en 1583, mais ne put en profiter que peu de temps : achevé en 1597, il mourut un an plus tard. Passé aux mains du fils, Toyotomi Hideyori , le château sera le théâtre d’un des évènements majeurs dans l’histoire du Japon : le siège d’Osaka par la puissante famille Tokogawa et leur deux campagnes militaires de 1614 à 1615 qui aboutirent à la prise du château et sa destruction complète, et l’unification du Japon féodal par les Tokogawa. Une stèle en pierre fut placée dans la partie nord du château, à l’endroit même où Toyotomi Hideyori, et sa mere, Yodo-dono, se suicidèrent par seppuku, faisant ainsi disparaitre le clan Toyotomi.

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