Les Japonais, partie 5 : l’harmonie pour vivre

japonais partie 5 1 

« JSS, les jardins sont très beaux au Japon. En France, ils servent à embellir un site bâti, et ils sont généralement géométriques. Mais ici, les jardins sont d’abord conçus pour que les gens profitent de la nature, et les temples et les maisons sont construits autour. On peut y voir le vrai visage de la nature », m’a dit un touriste français dont je me suis occupé une fois.

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La langue japonaise -partie 3-

Comme la différence entre ‘tu’ et ‘vous’ en français, le rapport entre le locuteur et l’interlocuteur est important dans la langue japonaise, qui demande le respect strict à l’égard des supérieurs. Les verbes font des conjugaisons précises selon l’ordre hiérarchique des situations.

Cette nature résulte des circonstances sociales de l’époque Meiji (明治時代, 1868-1912) où les Japonais, suite à l’ouverture du pays aux étrangers, ont compilé leurs anciens dialectes et développé une langue contemporaine pour contribuer à l’unification de leur territoire : en parlant la même langue, les Japonais sont davantage unis. Ainsi, la langue standard hyojungo est-elle utilisée aujourd’hui à Tokyo et dans les bulletins d’informations.

Différant du français qui n’utilise que ‘je’ pour parler de soi, le japonais se sert de boku (僕) ou ore (俺) pour les hommes et watashi (私) ou atashi (あたし) pour les femmes. Ore doit s’utiliser seulement entre amis. Dans le travail ou les scènes formelles, nous devons tous dire watashi et utiliser les termes honorifiques, keigo. D’ailleurs, dans les couples âgés, certaines japonaises utilisent parfois les keigo dans leur conversation pour parler de leur mari. De plus, alors que les mots japonais n’ont pas de genre,  certains termes sont convenables seulement pour les hommes, d’autres pour les femmes. Exemple : pour dire ‘j’ai faim’, les femmes devraient dire onaka ga suita, et non hara hetta.

Selon les régions, les Japonais parlent des dialectes différents. Linguistiquement parlant, les quatre grands groupes dialectaux sont l’est du Japon (Kantô, Tôhoku, Hokkaidô / 関東, 東北, 北海道), l’ouest du Japon (Chûbu, Kinki, Chûgoku, Shikoku / 中部, 近畿, 中国, 四国), Kyûshû (九州) et Ryûkyû (琉球 = Okinawa 沖縄). Ces séparations sont dues aux facteurs historiques et géographiques : le pays étant montagneux et composé de milliers d’îles, le peuple migrait rarement. En conséquence, plusieurs dialectes ont vu le jour dans cette petite nation (380 000 ㎢), et il existe encore actuellement des différences, comme pour l’anglais au Royaume-Uni. Les Japonais peuvent deviner le lieu de naissance de quelqu’un à ses paroles.

A propos, les étrangers ont tendance à penser que le japonais est proche du chinois puisque ces deux langues comportent des kanji. Mais en réalité, d’un point de vue phonétique ou grammatical, ces deux langues n’ont fondamentalement rien en commun car les Japonais ont emprunté les kanji et les ont adaptés à leur langue. Le japonais reste une langue dont l’origine n’est pas clairement définie, et en dépit des efforts de nombreux spécialistes, c’est tout au plus son appartenance au même groupe linguistique que le coréen qui a pu être élucidée jusqu’ici.

Voir partie 1, partie 2 et parlons kyo-kotoba, le dialecte de l’ancienne capitale

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La langue japonaise -partie 2-

Les Japonais utilisent le même clavier d’ordinateur que les Français mais un logiciel spécial propose un menu déroulant avec les différents kanji correspondant aux hiragana frappés sur l’écran. Par exemple, si on écrit ‘a’ et ‘i’, ce logiciel les change en hiragana ‘あい’. Pour le changer en kanji, on frappe la barre d’espacement. L’écran montre les kanji   愛 藍 会い 合い 相…  (amour, indigo, rencontrer, correspondre, mutuel…) qui se prononcent tous [ai], chaque fois que l’on tape la barre espace.

Pour les téléphones portables, le bouton 1 correspond aux cinq caractère de la ligne ‘あ’, le 2 à ‘か’, le 3 à ‘さ’, le 4 à ‘た’, le 5 à ‘な’, le 6 à ‘は’, le 7 à ‘ま’, le 8 à ‘や’, le 9 à ‘ら’ et le 0 à ‘わ-を-ん’ : si on frappe deux fois la touche 2, l’écran affiche ‘き’; si on tape quatre fois le 7, c’est ‘め’. Au Japon, les jeunes frappent vite leur portable.

Le japonais n’a que cinq voyelles (a, i, u, e, o) et aucune voyelle nasale. C’est pour cela que les Japonais ont du mal à apprendre les langues étrangères. Ils utilisent plusieurs mots étrangers importés au Japon, mais dans leur tête, ils les transcrivent comme des associations de katakana.

Le japonais contient plus de 20 000 mots empruntés à l’anglais, comme テレビ (terebi, télévision). Il y a aussi des mots venus du francais mais les Japonais les utilisent différemment de leur sens originels. Par exmple, アベック (abekku, avec) s’utilise pour dire ‘couple’, et サボる (saboru), de ‘saboter’, veut dire ‘tirer au flanc’.

Voir partie 1 et partie 3

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La langue japonaise -partie 1-

 Le japonais n’est parlé que dans un seul pays : le Japon. Il appartient au même groupe linguistique que le coréen et il y a des points similaires de grammaire et de vocabulaire entre ces deux langues. Les mots japonais n’ont pas de genre et il n’existe pas d’articles. Le verbe venant en fin de phrase, il faut écouter jusqu’au bout pour comprendre les propos de son interlocuteur. Tandis que l’alphabet européen est constitué de phonogrammes, le japonais est constitué d’idéogrammes et est composé de 48 hiragana (ひらがな), 48 katakana (カタカナ) et plus de 4000 kanji (漢字, caractère chinois). Les hiragana et les katakana sont des lettres phonétiques. Ces premiers sont utilisés pour écrire les mots indigènes qui ne s’écrivent pas en kanji ou pour la conjugaison des verbes. Les katakana sont utilisés pour les mots importés.

Hiragana        Katakana                  Prononciation

                                                             (commune aux deux)

あ  い う え お                 ア イ ウ エ オ            a  i  u  e  o

か き く け こ                 カ キ ク ケ コ            ka  ki  ku  ke  ko

さ し す せ そ            サ シ ス セ ソ          sa   shi  su   se    so

た ち つ て と                タ チ ツ テ ト            ta   chi  tsu   te    to

な に ぬ ね の              ナ ニ ヌ ネ ノ            na   ni   nu   ne   no

は ひ ふ へ ほ             ハ ヒ フ ヘ ホ           ha   hi   fu    he   ho

ま  み む め も              マ ミ ム メ モ            ma  mi   mu  me   mo

や (い)  ゆ (え) よ            ヤ  (イ) ユ  (エ) ヨ         ya     i      yu    e    yo

ら り る れ ろ               ラ リ ル レ ロ            ra   ri    ru    re   ro  

わ ゐ (う) ゑ を             ワ  ヰ (ウ) ヱ ヲ           wa    i       u      e     o

ん                                ン                                   n

Les kanji sont arrivés de Chine. Ils diffèrent des hiragana et des katakana car chaque kanji peut avoir un ou plusieurs sens. Il y a envirion deux mille kanji dans l’utilisation courante. Mais l’examen du kanji, Nihon kanji nôryoku kentei (日本漢字能力検定), test populaire au Japon, demande aux candidats d’apprendre de trois à quatre mille kanji.

La lecture du kanji se divise en deux groupes, on-yomi (音読み) et kun-yomi (訓読み). La lecture on-yomi est basée sur la prononciation chinoise, tandis que la lecture kun-yomi est la lecture adaptée en japonais après importation du kanji depuis le continent. Il y a donc plusieurs manières de lire les kanji au Japon. L’apprentissage des kanji demande beaucoup de temps et à la fin de l’école primaire, les enfants connaissent un millier de caractères.

La composition du kanji est intéressante. Par exemple, le kanji 木 (ki, BOKU, MOKU) signifie ‘arbre’. Ce caractère ressemble à la forme d’un vrai arbre. Le mot caractère 川 (-kawa, gawa, SEN), représentant le courant d’eau, signifie ‘rivière’, et le 月 (tsuki, GETSU, GATSU), ressemblant à un croissant, veut dire certainement ‘lune’. Les kanji les plus compliqués vous paraîtront difficile à apprendre au premier coup d’oeil, mais à vrai dire, ils sont en une composition de quelques éléments faciles : le kanji 林 (-hayashi, bayashi, RIN) correspond à deux ‘arbres’ (木) et il signifie ‘bois’. Le kanji 森 (mori, SHIN) constitué de trois ‘arbres’ (木), signifie ‘forêt’. La plupart des kanji ont été créés de cette manière. Il n’est donc pas difficile d’imaginer le sens de mots en le remarquant chaque composant.

Voir partie 2, partie 3 et éducation

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Kizuna : lien de s’entraider 絆 助け合うつながり

Le 20 mars 2011, un garçon de seize ans et sa grand-mère, isolés sous des décombres pendant 217 heures, ont été retrouvés sains et saufs. Ils ont été hospitalisés et leur état est maintenant stable.

Les opérations de sauvetage se poursuivent dans les régions sinistrées. Au 22 mars, on dénombre 8 805 morts et 18 335 disparus. Les réfugiés peinent à avoir de la nourriture, des médicaments, de l’électricité, du pétrole et de l’essence. Comme c’est une région froide, les situations sont encore plus difficiles pour les femmes enceintes, les bébés et les personnes âgées ou malades.

Les Japonais se rappellent le grand séisme de Kobe (神戸), qui avait eu lieu il y a seize ans et qui avait fait 6 434 victimes. La ville avait été détruite par des secousses sismiques, tandis que cette fois-ci c’est un tsunami qui a dévasté la région de Tohoku (東北). Les anciens sinistrés de Kobe et de nombreux volontaires dans tout le Japon se sont mobilisés pour venir bénévolement en aide aux réfugiés. Sur les lieux du drame, aucune émeute ni pillage, preuve de la discipline des Japonais.

Le caractère de la photo, 「絆」, se lit ‘kizuna‘ et signifie ‘lien’. Il est composé de deux parties, 「糸」 qui signifie ‘fil’ et 「半」, ‘moitié’. Tous les êtres humains sont unis les uns aux autres par des fils invisibles et ils doivent s’entraider pour maintenir ces liens fragiles.

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Le Kanji du Jour : Voyage

Le Kanji du Jour : Voyage – Soldats rassemblés en rang sous un drapeau ou fanion qui avancent et devient la signification de voyage et du verbe voyager.

Le Ryoanji

 

Ce temple du XVème siècle, Ryoanji  (littéralement Temple du repos du dragon), est considéré comme chef-d’œuvre du jardin zen et fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Il comprend deux jardins bien contrastés : le jardin extérieur entouré d’arbres variés et le jardin intérieur dans le temple.

Ce dernier est surtout renommé pour son paysage des quinze pierres. Il permet aux visiteurs d’imaginer librement et de retrouver leur paix intérieure. Le philosophe Français Sartre, la Reine Élisabeth et beaucoup de personnes célèbres ont visité et admiré ce temple et ce jardin.

Il se compose simplement d’un lit de fins graviers de kaolin harmonieusement ratissés sur lequel sont savamment disposées quinze pierres  pour que le paysage soit entièrement différent dès que l’on change de place. Il est impossible, quel que soit le point de vue, de voir les quinze pierres à la fois. Il manque toujours une pierre qui est cachée et c’est unique en son genre. Le kaolin ratissé symbolise l’océan et les rochers, les montagnes. Le jardin enseigne qu’il y a plusieurs façons de regarder et que personne ne peut tout voir. Continuer la lecture de « Le Ryoanji »