Sakura et Samuraï

Historiquement, le symbole du sakura est aussi associé au code moral et éthique du samuraï (侍), qu’on appelle le Bushido (武士道) et qui signifie littéralement « la voie du guerrier ».

En effet, la vie du guerrier féodal était considérée comme belle et courte, à l’image de la floraison du sakura qui ne dure qu’une semaine. Le sakura représente ainsi la voie du guerrier, qui doit vivre et mourir en beauté pour son empereur.

Par la suite, lors de la Seconde Guerre mondiale, le sakura devint le symbole du sacrifice des soldats japonais pour leur nation. Approchant la défaite, en 1945, le vice-amiral Onishi Takijiro (大西 瀧治郎) lança une opération kamikaze de milliers de pilotes japonais. Le gouvernement, afin de motiver ses soldats, les encouragea à penser que leur âme se réincarnerait en fleur de cerisier. Le sakura décorait ainsi le flanc de leur avion ; et alors qu’ils décollaient pour leur mission suicide, le peuple japonais les saluaient avec des branches de cerisier.

Takase-gawa, le canal pittoresque de Kyoto

La rivière Takase, appelée en japonais Takase-gawa (高瀬川), est un canal bordant la rue Kiyamachi (木屋町通), au coeur de Kyoto. Elle suit plus ou moins en parallèle le cours de la rivière Kamo-Gawa (鴨川).

Au printemps, Takase-gawa offre un cadre pittoresque, avec près de deux cents cerisiers en fleur le long du canal, de Shijō à Gojo. De plus, lorsque la nuit tombe, les illuminations installées par la ville de Kyoto mettent encore plus en valeur les sakuras. C’est un chemin très apprécié des visiteurs comme des locaux.

La construction de ce canal remonte à la période Edo, mais sa conception remonte même avant, pendant la période Sengoku. En effet, l’histoire commence en 1586 avec le noble Toyotomi Hideyoshi (豊臣秀吉), qui est considéré comme le deuxième grand unificateur du Japon (ci-dessous en photo). Celui-ci ordonna à Suminokura Ryōi (角倉 了以), l’un des plus riches commerçants de l’époque, de trouver un moyen d’approvisionner Kyoto. La capitale impériale était alors isolée, sans port, et manquait de pierre pour la construction de ses bâtiments.

Une vingtaine d’année plus tard, pendant la période Edo, le canal Takase est creusé, reliant Kyoto au port de Fushimi. Le projet fut entièrement financé par Suminokura Ryōi. Le canal devint fonctionnel en 1614 ; une centaine de  bateaux allaient et venaient alors le long de Takase, approvisionnant la capitale impériale en marchandises de toutes sortes. Ci-dessous une réplique des bateaux marchands utilisés à l’époque.

Le canal Takase-gawa contribua grandement au développement économique de Kyoto, jusqu’à ce qu’il fut mis hors service, en 1920.

Yuka les terrasses de Kyoto

Après la guerre durant l’ère Edo, Hideyoshi Toyotomi (豊臣秀吉, deuxième des trois unificateurs du Japon durant la période Sengoku), suite à la construction du pont de Gojo, les bords de la rivière Kamogawa se retrouvent bondés; elles deviennent le lieu de tous les divertissements.

Spectacles et autres marchands ambulants encombrent la berge. Avec l’aide de riches marchands, ils établirent des places pour les spectateurs et construisirent des maisons de thés.

C’est ici que l’ont installent les premières plateformes sur le cours de la rivière, appelées en ce temps là Nōryōyuka 納涼床 (que l’ont peut traduire grossièrement par « le plancher qui permet de profiter de la fraicheur du soir ») et que l’ont nomment aujourd’hui plus simplement Yuka 床.

Shijo Kawahara - Edo
Shijo Kawahara – Edo

Ensuite durant l’ère Meiji, ils décident alors de fixer les Yuka sur les 2 rives de Kamogawa lors des mois de Juillet et Aout. Ils construisirent également des Yuka sur de hauts pilotis sous le pont de Sanjo qui ressemblent à des Shōgi 床机.

Photo Yuka Shogi sous le pont Sanjo avec 4 Geisha
Photo Yuka Shogi sous le pont Sanjo avec 4 Geisha

En 1894 commence l’excavation d’un canal le long de Kamogawa pour lutter contre les inondations, puis en 1915 pour pouvoir agrandir la Gare Est Keihan ils suppriment une grande partie des Yuka de la rive gauche (coté Est), le train passant en extérieur en ce temps là, le long de la rivière.

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Le quartier Miyagawacho – Kyoto

Les cinq quartiers traditionnels de Kyoto sont en général appelés hanamachi ou kagai (花街), littéralement quartier des fleurs ; Gion-Kobu (祇園甲部), Gion-Higashi (祇園東), Miyagawacho (宮川町), Pontocho (先斗町) et enfin Kamishichiken (上七軒). Le quartier de la photo ci-dessus, Miyagawacho, se situe près de la station Keihan de Gojo (京阪電車、五条駅).

On peut tomber souvent sur des danseuses en kimono, maiko (舞妓) ou geiko (芸妓), fleurs vivantes. La première est apprentie et plus jeune que la seconde : une maiko a de 16 ans à 20 ans. Elles se maquillent le visage en blanc parce qu’à l’époque où il n’y avait pas encore d’électricité, leur visage blanc se voyait mieux la nuit.

Pour entrer dans ce monde, les filles doivent appartenir à une maison okiya (置屋). Elles y apprennent de leur mère okāsan (おかあさん) le savoir-faire et les manières de parler devant les clients. Il ne faut pas assimiler ces filles aux entraîneuses car elles sont des vraies héritières d’arts traditionnels tel que la danse kyomai (京舞), l’instrument musical shamisen (三味線), l’arrangement floral ikebana (生け花) et la cérémonie du thé sado (茶道). Très stricts, il n’est pas rare que certaines renoncent à poursuivre ces entraînements avant de devenir Maiko : elles doivent s’exercer au moins pendant un an pour débuter. Elles vont ainsi dans une école spéciale et travaillent chez elles gratuitement en rêvant un jour de danser au théâtre.

Ici, l’okāsan joue un rôle important, presque comme si elle était une vraie mère. Pour les filles ayant quitté leur pays natal, c’est la seule personne sur laquelle elles peuvent compter. Parfois sévère, parfois gentille, elle leur enseigne la courtoisie. Lorsque’une de ses filles commence enfin officielement, elle lui donne un éventail en tant que brevet.

Le soir venu, les Maikos vont travailler aux restaurants ochaya (お茶屋), pour rendre le dîner plus agréable avec des jeux traditionnels et avec leur danse. Elles travaillent jusqu’à minuit et rentrent chez elles à minuit passé. Continuer la lecture de « Le quartier Miyagawacho – Kyoto »

Le Byodo-in 平等院鳳凰堂

À 10 km au sud-ouest de la ville de Kyoto se trouve Uji, une ville renommée pour son paysage pittoresque et pour la qualité de ses thés. La rivière d’Uji, s’écoule du lac Biwako (le plus grand lac du Japon) et traverse Uji. Avec les montagnes embrumées que l’on peut apercevoir en arrière-plan, elle donne son charme à cette ville.

Situé à côté de la rivière, le temple Byodo-in (平等院) fut construit en 1052 (période Heian) par Fujiwara-no-Yorimichi (藤原頼通). Cette époque fut marquée par l’ascension du clan Fujiwara, une famille aristocratique, qui maintenait son pouvoir en mariant systématiquement ses filles aux jeunes fils de la famille impériale. Grâce à ses relations avec l’Empereur, le clan Fujiwara a connu la prospérité malgré les épidémies, les famines, les séismes et les conflits au cours de l’histoire. Le XIème siècle était considéré comme une période sombre appelée « Mappo (末法) ». En effet, cette période correspond au 2 000ème anniversaire de la mort de Shakyamuni (釈迦)- le grand bouddha ou bouddha suprême Siddhārtha Gautama qui fonda le bouddhisme. Une prédiction disait que, tous les mille ans, le bouddhisme tomberait en désuétude et le pays s’effondrerait si rien n’était fait.

Le seul moyen pour relancer le pays et redonner confiance au peuple était de leur permettre d’accéder au paradis où habitait Amitaabha (Amida 阿弥陀), une sorte de Bouddha (仏陀) éternel.

Yorimichi fit donc construire le pavillon du Byodo-in et fonder une grande statue d’Amida à l’íntérieur. Il a investi beaucoup d’argent dans ce pavillon symétrique qui symbolise l’égalité, notion très importante dans le bouddhisme.

Ce pavillon s’appelle aussi Ho-o-do (鳳凰堂), Pavillon du Phénix, parce qu’il représente un phénix se posant à terre. Le phénix est un oiseau mythologique qui peut renaître plusieurs fois de ses cendres. (Voir aussi le Kinkakuji)

En regardant ce pavillon, vous pourrez imaginer le monde dont les gens d’autrefois rêvaient. Sa disposition est unique au Japon : le pavillon symétrique se place derrière un étang. Le point d’observation correspond à notre monde, le monde des vivants, alors que l’autre côté de l’étang, où se trouve le pavillon, représente l’autre monde, celui où on accède après la mort. Les gens recherchaient ici la tranquillité et venaient prier pour le repos de leur âme. C’est ainsi que ce temple est devenu célèbre au Japon et figure aujourd’hui sur les pièces de dix yens.

À l’intérieur du pavillon, la grande statue de Bouddha réalisée par le sculpteur Jocho trône au centre de la pièce. Autour de lui, accrochées au mur, se trouvaient 52 statues de musiciens sur leur nuage. La moitié d’entre elles est  maintenant exposée au musée Hoshokan (鳳翔館), qui se trouve dans l’enceinte du temple, pour des raisons de conservation. L’ensemble représente le voyage après la mort. En effet, à sa mort, Bouddha et ses accompagnateurs, sous l’apparence de musiciens, viendront chercher l’âme du défunt.

Selon que l’on ait commis des péchés ou non de son vivant, les formations de musiciens descendant sur terre se présentent de neuf façons différentes. Les tableaux peints sur les murs du pavillon représentent Kuhon-raigo-zu (九品来迎図), littéralement « neuf scènes différentes de l’arrivée depuis le paradis ». Les tableaux originaux de l’intérieur du pavillon sont presque effacés, mais vous pourrez voir des répliques dans le musée. Yorimichi mourut à l’âge de 83 ans, dans le pavillon, juste devant la grande statue de Bouddha.

 

 

Histoire du Japon 日本の歴史

L’histoire du Japon est subdivisée en 14 périodes.
Préhistoire

Les îles de l’archipel nippon étant reliées entre elles et au continent par la glace, plusieurs colonisations ont eu lieu pendant l’ère glaciaire. Les premiers Homo sapiens seraient arrivés dans l’archipel d’Okinawa par le Pacifique. D’autres groupes, venus de Sibérie, les Aïnu, se sont installés au nord de l’archipel avant de le conquérir complètement.  Suite à la fonte des glaciers à la fin du Pléistocène, les îles s’isolèrent et l’archipel prit sa forme actuelle. Cette période correspond à la découverte de vieilles pierres polies datant d’environ 30 000 ans av. J.-C. Vers -13 000, la population (Aïnous) était majoritairement composée de chasseurs et de pêcheurs. Leurs descendants sont aujourd’hui très peu nombreux et regroupés sur l’île d’Hokkaido. Continuer la lecture de « Histoire du Japon 日本の歴史 »

Machiya Maison traditionnelle japonaise

Les Machiya (maison de ville) ont été construites avant la Deuxième Guerre mondiale et définissent l’atmosphère architecturale et historique du centre-ville de Kyoto jusqu’à l’arrivé des structures modernes en béton et plastique.

De plain-pied ou de un à deux étages elles sont généralement étroites, profondes et construites très près du bord de la rue. L’origine de la Machiya (町家) vient de l’époque de Héïan (A.D.794~), elle a changé petit à petit au fil de l’histoire, sa forme actuelle a été déterminée à l’époque d’Edo (1603~1868) et presque toutes les Machiya que l’on peut découvrir aujourd’hui ont été construites au début du 20e siècle. Certaines ont donc plus que 100 ans ce qui est rare pour ce genre de construction en bois avec un climat aussi éprouvant que celui du Japon.

Elle sont faites de bois, de murs en bambou et de terre avec parfois du plâtre en finition ainsi qu’un toit en tuiles cuites, elles sont donc très écologiques et très agréable avec du charme ce qui apporte un sentiment de bien être. Combinant l’espace commerçant de celui résidentiels, elles expriment la culture de la classe des marchands urbains et le style traditionnel du travail et des affaires.

On y trouve des petits jardins intérieur qui sont des espaces ouverts appelés Tsubo-Niwa (坪庭) et c’est une caractéristique des Machiya qui introduisent un sentiment de nature et de saisons à l’intérieur de la zone résidentielle.

En appréciant les nombreux aspects des Kyo-Machiya (京町家)  nous arrivons à comprendre la sagesse du peuple de Kyoto. Aussi voici une nouvelle rubrique sur les Machiya. On y trouvera des photos, des informations, des conseils et un soutient pour tout ce qui se lance dans la restauration de celle-ci.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à nous contacter.

Kyoto en quelques mots…

Kyoto est l’ancienne capitale millénaire située au centre de la partie ouest du Japon. Elle se situe à 500 kilomètres de Tokyo, qui seront parcourus en moins de deux heures et demie si vous empruntez le célèbre Shinkansen, le TGV Japonais.

Les rues de Kyoto se croisent en angle droit comme un échiquier géant, ce qui les rend très faciles à parcourir. Elles furent aménagées sur le modèle de la ville chinoise, Chang’an.

La ville de Kyoto est placée dans un bassin étroit, qui mesure 40 kilomètres du nord au sud et 20 kilomètres d’ouest en est. Entourée par les montagnes, il y fait chaud et humide en été et froid en hiver.

La nature est prédominante à Kyoto, on peut découvrir à quel point la culture et les monuments historiques coexistent avec les éléments naturels tels que : les montagnes, la forêt, la rivière et sont rythmés par le passage des quatre saisons.

Kyoto est la septième plus grande ville du Japon : 1er Tokyo, 2ème Yokohama, 3ème Osaka, 4ème Nagoya, 5ème Sapporo, 6ème Kobe, 7ème Kyoto, 8ème Fukuoka, 9ème Kawasaki, 10ème Hiroshima. Continuer la lecture de « Kyoto en quelques mots… »