Le Byodo-in 平等院鳳凰堂

À 10 km au sud-ouest de la ville de Kyoto se trouve Uji, une ville renommée pour son paysage pittoresque et pour la qualité de ses thés. La rivière d’Uji, s’écoule du lac Biwako (le plus grand lac du Japon) et traverse Uji. Avec les montagnes embrumées que l’on peut apercevoir en arrière-plan, elle donne son charme à cette ville.

Situé à côté de la rivière, le temple Byodo-in (平等院) fut construit en 1052 (période Heian) par Fujiwara-no-Yorimichi (藤原頼通). Cette époque fut marquée par l’ascension du clan Fujiwara, une famille aristocratique, qui maintenait son pouvoir en mariant systématiquement ses filles aux jeunes fils de la famille impériale. Grâce à ses relations avec l’Empereur, le clan Fujiwara a connu la prospérité malgré les épidémies, les famines, les séismes et les conflits au cours de l’histoire. Le XIème siècle était considéré comme une période sombre appelée « Mappo (末法) ». En effet, cette période correspond au 2 000ème anniversaire de la mort de Shakyamuni (釈迦)- le grand bouddha ou bouddha suprême Siddhārtha Gautama qui fonda le bouddhisme. Une prédiction disait que, tous les mille ans, le bouddhisme tomberait en désuétude et le pays s’effondrerait si rien n’était fait.

Le seul moyen pour relancer le pays et redonner confiance au peuple était de leur permettre d’accéder au paradis où habitait Amitaabha (Amida 阿弥陀), une sorte de Bouddha (仏陀) éternel.

Yorimichi fit donc construire le pavillon du Byodo-in et fonder une grande statue d’Amida à l’íntérieur. Il a investi beaucoup d’argent dans ce pavillon symétrique qui symbolise l’égalité, notion très importante dans le bouddhisme.

Ce pavillon s’appelle aussi Ho-o-do (鳳凰堂), Pavillon du Phénix, parce qu’il représente un phénix se posant à terre. Le phénix est un oiseau mythologique qui peut renaître plusieurs fois de ses cendres. (Voir aussi le Kinkakuji)

En regardant ce pavillon, vous pourrez imaginer le monde dont les gens d’autrefois rêvaient. Sa disposition est unique au Japon : le pavillon symétrique se place derrière un étang. Le point d’observation correspond à notre monde, le monde des vivants, alors que l’autre côté de l’étang, où se trouve le pavillon, représente l’autre monde, celui où on accède après la mort. Les gens recherchaient ici la tranquillité et venaient prier pour le repos de leur âme. C’est ainsi que ce temple est devenu célèbre au Japon et figure aujourd’hui sur les pièces de dix yens.

À l’intérieur du pavillon, la grande statue de Bouddha réalisée par le sculpteur Jocho trône au centre de la pièce. Autour de lui, accrochées au mur, se trouvaient 52 statues de musiciens sur leur nuage. La moitié d’entre elles est  maintenant exposée au musée Hoshokan (鳳翔館), qui se trouve dans l’enceinte du temple, pour des raisons de conservation. L’ensemble représente le voyage après la mort. En effet, à sa mort, Bouddha et ses accompagnateurs, sous l’apparence de musiciens, viendront chercher l’âme du défunt.

Selon que l’on ait commis des péchés ou non de son vivant, les formations de musiciens descendant sur terre se présentent de neuf façons différentes. Les tableaux peints sur les murs du pavillon représentent Kuhon-raigo-zu (九品来迎図), littéralement « neuf scènes différentes de l’arrivée depuis le paradis ». Les tableaux originaux de l’intérieur du pavillon sont presque effacés, mais vous pourrez voir des répliques dans le musée. Yorimichi mourut à l’âge de 83 ans, dans le pavillon, juste devant la grande statue de Bouddha.