Le thé japonais -partie 2-

Pour parvenir à la maison de thé, les pas japonais sont mis délibérément de façon irrégulière et c’est une idée du zen : elles permettent de se concentrer spirituellement, en faisant prendre garde de ne pas faire un faux pas. Ainsi, on s’approche à pied en contemplant le jardin, qui a pour rôle de nous faire oublier la vie quotidienne et de nous introduire dans le monde spirituel (n’oubliez pas de mettre des chaussettes le jour où vous entrez dans une maison japonaise).

À l’origine, le thé fut apporté au Japon de Chine entre le huitième et le neuvième siècle par les moines qui en buvaient comme médicament ou pour rester éveillés durant leur méditation. L’habitude de boire du thé fut désormais répandue dans les classes supérieures comme la famille impériale, les aristocrates et les savants. Le maître du thé du XVIème siècle, Sen-no-Rikyu (千利休. 1522-1591), généralisa le thé dans les classes populaires. Il établit l’importance de la sobriété dans la cérémonie, en anéantissant la conscience de classe. En conséquence, il lui fut ordonné de se faire seppuku, la peine capitale japonaise consistant à s’ouvrir le ventre soi-même, car il s’attira la colère du shogun de l’époque, Toyotomi Hideyoshi (豊臣秀吉).

(À titre de renseignement, le seppuku s’écrit en kanji 切腹. Le mot harakiri (腹切) est faux car il contient une nuance triviale.)

Traditionnellement, l’hôte de la cérémonie met des heures pour préparer la pièce avant l’arrivée de ses invités. Il brûle du charbon, chauffe préalablement les tasses, met des fleurs dans un vase, puise de l’eau, et nettoie le jardin avec des techniques ancestrales. Ainsi, il s’applique à faire de son mieux pour exprimer sa prévenance envers les clients et leur faire ressentir la saison. La pièce est arrangée avec raffinement selon le thème saisonnier ou l’esprit du zen. Vous voyez en général dans l’alcôve le kakejiku (掛け軸), rouleau vertical en soie ou en papier portant une peinture ou une calligraphie, et les fleurs, exprimant aussi la saison.

Les quatre éléments importants de la cérémonie du thé sont l’harmonie (和), le respect (敬), la pureté (清) et la tranquillité (寂) et ils se résument en un mot japonais wa-kei-sei-jaku (和敬清寂). Comme la cérémonie complète consiste en quatre parties qui prennent au total quatre heures, la plupart des Japonais contemporains procèdent seulement à la partie au cours de laquelle ils utilisent le matcha. Malgré tout, la cérémonie du thé est un concentré de la culture japonaise car elle concerne le jardin japonais, l’architecture de la maison ou de la pièce, la calligraphie, l’arrangement floral (生け花, ikebana), l’encens et le kimono.

Les Japonais qui aiment approfondir leur appréciation et compréhension des arts traditionnels pratiquent la cérémonie du thé. Les femmes de bonnes familles l’apprennent en particulier pour améliorer leurs attitudes. L’apprentissage de cette cérémonie traditionnelle est un élément important pour un bon mariage. Les connaisseurs et les amateurs de thé organisent également des réunions avec leur amis pour des occasions spéciales.

Voir le thé japonais partie 1

 JSS