Le temple Mii (à Shiga)

Alors que le Japon compte d’innombrables temples, auriez-vous imaginé déterminer votre temple préféré à sa musicalité? Parmi les « 100 paysages sonores à sauvegarder (残したい日本の音風景100選)», sélectionnés en 1996 par le ministère de l’Environnement, figure la cloche vespérale du temple Mii (三井寺) de la ville d’Otsu (大津). Elle est, pour son timbre, l’une des trois cloches les plus célèbres du Japon avec celle du temple Byodo-in (Uji), pour sa forme, et celle du temple Jingo-ji (Mont Takao, Kyoto), pour son inscription. Le site est également un des huit paysages classés d’Omi, sur les bords du lac Biwa.

 

Le temple est calme. Le campanile et les alentours vibrent en permanence comme les ailes d’un bourdon. Les coups frappés par les visiteurs sur la cloche en bronze sont tantôt puissants, tantôt légers, et selon l’endroit où l’on se trouve, leur sonorité change.

 

Les bourdonnements viennent se joindre aux sûtras récités dans la salle des prières, au timbre sec du tambour de bois frappé par le bonze, aux chants des oiseaux et au bruissement du vent dans les branches, pour finalement créer une véritable symphonie. C’est féérique. En automne, en foulant le tapis de feuilles mortes, les visiteurs participent à cette musique majestueuse. Envoûtés par son appel, vos pas vous mènent spontanément vers la cloche. A l’approche du crépuscule, le bourdon du temple Mii prend son envol ; il est six heures, la cloche sonne les vêpres. Une mélancolie indéfinissable vous serre alors le cœur.

 

JSS