Le temple Gioji

Couvert de mousse et entouré de bambou, Gioji (祇王寺), situé à 20 minutes à pied de la fameuse forêt de bambou, est un beau temple du quartier Arashiyama (嵐山).

 Cet ermitage est en l’honneur d’une femme du XIIème siècle, Gio. Elle habitait à Kyoto et était réputée être une ravissante danseuse. 

Elle pratiquait le shirabyoshi (白拍子), sorte de danse exécutée exclusivement par des femmes portant un habit masculin tout blanc. Pour sa beauté, Gio était aimée par le gouverneur d’alors, Taira-no-Kiyomori (平清盛). Ils commencèrent à vivre ensemble.

Un jour, une fille frappa la porte de leur maison. Elle s’appelait Hotoke-gozen (仏御前). Alors que le mari refusait son entrée, Gio ouvrit la porte en éprouvant de la pitié pour cette fille.

Cette dernière, qui était aussi danseuse de shirabyoshi, montra sa virtuosité à l’homme. Son art étant plus élégant que celui de Gio, le mari, séduit, chassa sa femme de chez lui ; à l’époque, Gio avait 21 ans et Hotoke-gozen 17 ans.

Abattue par la tristesse,  se retira du monde avec sa mère et sa soeur. Elle se rasa la tête et mena une vie solitaire dans ce petit temple. Son poème (haiku 俳句, syllabe 5-7-5) exprime ses douleurs sentimentales:

短夜の             夢うばふもの              ほととぎす

Mijikayo no   Yume ubau mono   Hototogisu

(Traduction : ce qui m’a privé d’un rêve d’une nuit courte, c’était un coucou.)

Quelques années plus tard, elle eu la visite de Hotoke-gozen, qui avait ravi son ex-mari. Tourmentée par la culpabilité, Hotoke-gozen n’avait pas pu continuer à vivre avec l’homme.

Après réconciliation, elles vécurent ensemble paisiblement. On voit de temps en temps une chatte toute blanche, Maromi-chan, comme la tenue de danse de Gio. Est-elle la réincarnation de Gio ?

Cet épisode est décrit dans « Le dit de Heike (平家物語)», ancienne histoire du XIIème siècle au sujet de la famille Taira (平). A noter que l’époux de Gio fit construire le sanctuaire Itsukushima sur l’île Miyajima.

Aujourd’hui, Gioji est renommé pour son jardin de mousse entouré de bambou. Le sol étant argileux et imperméable, la mousse est souvent utilisée dans les temples de Kyoto.