Le Kiyomizu dera 清水寺

Le temple Kiyomizu-dera (清水寺) est aimé des habitants de Kyoto depuis 1200 ans. Au VIIIème siècle, le moine Enchin (延鎮) cherchait une cascade d’eau pure dans la montagne.

L’ayant trouvée, il y installa une statue de Kannon (Déesse de la miséricorde) ainsi qu’une cabane. C’est l’origine du temple Kiyomizu.

Quelques années plus tard, le militaire Sakanoue-no-Tamuramaro (坂上田村麻呂) vint dans la montagne chasser le daim. Il croyait, en effet, que le sang de daim pouvait faciliter l’accouchement de sa femme.

Par hasard, il rencontra Enchin qui lui expliqua la cruauté de ses actes et prêcha la vertu de Kannon. Tamuramaro regretta alors d’avoir tué des animaux. Lui et sa femme devinrent croyants et construisirent un temple pour honorer Kannon.

Par le passé, beaucoup de gens ont sauté de la terrasse pour gagner en courage car il est dit que si on survit à la chute, on pourra réaliser ses souhaits. La hauteur de la terrasse est de 13m. Selon des documents du temple, parmi les 234 personnes qui ont sauté, plus de 85% ont survécu. Si l’on meurt, on sera sauvé par la Déesse. Cette coutume fut interdite à la fin du XIXème siècle.

D’ailleurs, il y a une expression en japonais qui dit : « sauter de la terrasse de Kiyomizu ». C’est-à-dire faire quelque chose au péril de sa vie.

Derrière ce fameux bâtiment se trouve un autre sanctuaire appelé « Jishu », « propriétaire de cet endroit » en japonais. Au Japon, il n’est pas rare qu’on aperçoive un sanctuaire shintoïste dans un temple bouddhiste.

Avant de construire un temple, il faut demander la permission au dieu de la terre pour obtenir sa protection. C’est également le cas quand on construit un immeuble ou une maison. On a coutume de faire venir un prêtre shintoïste qui prie pour la sécurité avant de commencer les travaux. On conjure ainsi le mauvais sors (accident ou effondrement du bâtiment à cause d’un séisme).

Dans le sanctuaire Jishu (地主), il y a deux pierres de l’amour. Pour les célibataires, sachez que si vous arrivez à marcher d’une pierre à l’autre, les yeux fermés, vous trouverez l’amour.

En face du sanctuaire, d’autres bâtiments abritent différentes statues.

Un cimetière se compose de petites statues « Jizo » (地蔵), gardien des enfants. Autrefois, comme beaucoup d’enfants mourraient à la naissance ou en bas âge. Leurs parents plaçaient alors des statues de Jizo qui ressemblaient à leurs enfants et priaient pour leur repos.

Les chapeaux et bavoirs sont à la fois une protection et un témoignage de reconnaissance pour avoir protégé les enfants vivants.

L’autre grande statue couverte d’or s’appelle « Bouddha » (仏陀), fondateur du bouddhisme. Il est supérieur à Kannon et posé en général au centre d’un temple, mais à Kiyomizu-dera, il est assis dans une chapelle derrière.

Pourquoi y a t-il une telle variété de statues dans ce temple ? Parce que la Déesse Kannon a accepté tous les croyants sans discrimination. C’est aussi pour cela que ce temple attire beaucoup de visiteurs chaque année.