Le Ginkakuji

 

Le mot « gin » veut dire « argent » et le « kaku », « pavillon ». Le Ginkakuji est donc souvent traduit en français le « Pavillon d’argent ». Cependant ce n’est pas exact. La bonne traduction est le « Pavillon dans le jardin d’argent ». Construit à la fin du XVème siècle par le shogun Ashikaga Yoshimasa, le 8ème shogun du clan d’Ashikaga, ce temple zen est le fruit de la beauté fugace.

Yoshimasa aimait l’art dans la solitude. En effet, il a succédé au titre du shogun quand il avait 10 ans. Le XVème siècle, c’est la période qui était marquée par des guerres civiles et la famine qui frappait tout le pays. Donc il a passé son adolescence dans une époque ténèbre et sans aucun doute cette situation a influencé son caractère.

À propos, quand on dit le mot « guerre » parmi les Kyotoïtes, cela ne veut pas dire forcément la Seconde Guerre mondiale mais la Guerre  d’Onin (応仁の乱) entre 1467 et 1477. Elle a tiré son origine d’un conflit de succession du chef de la famille Ashikaga : le fils et le frère cadet de Yoshimasa étaient rivales. La guerre a continué pendant 10 ans et la ville de Kyoto fut réduite en cendre. Yoshimasa était responsable de la guerre et il a pris sa retraite à l’âge de 37 ans.

Aprés, il a mené sa vie entièrement tournée vers les arts. Tourmenté par le stresse en tant que shogun pendant quelques dizaines d’années, il préférait l’art dans la solitude. C’est la différence par rapport à Yoshimitsu, qui a construit le Kinkakuji (Pavillon d’or) 100 ans avant.

Le Ginkakuji fut construit sur le modèle du Kinkakuji mais Yoshimasa n’a jamais utilisé d’argent pour le pavillon. Il n’aimait pas le luxe et poursuivait la perfection de l’art de zen. Alors qu’il n’était pas doué en politique, il a joué un rôle très important pour le développement de la culture japonaise telle que la cérémonie du thé (sado), la poésie (haiku), la calligraphie (shodo) et l’arrangement floral (ikebana).

Vers la fin de sa vie, il a dit : « Tout est éphémère, il ne me reste plus ni tristesse, ni plasir. ».

Mais pourquoi ce temple s’appelle « Ginkakuji » ? Devant le pavillon, il y a une petite estrade arrondie. Le soir, il règne un silence profond et paisible dans le temple. Le sable argenté de l’estrade réfléchit la lumière de la lune. Alors, le pavillon est éclairé par deux lunes.

« Ginkakuji » est le nom rebaptisé à nouveau après la mort de Yoshimasa, en contraste avec le Kinkakuji. Ce temple s’appelle exactement « Jishoji », nom de Yoshimasa comme moine bouddhiste.

Dans ce temple, l’argent n’est pas le symbole du prestige mais celui de la sobriété. Avec le paysage du jardin d’argent, le pavillon de bois représente le sentiment particulier des Japonais « wabi-sabi », qui est nécessaire pour saisir la beauté des choses simples et éphémères.