Itinéraire original : Ine, la vie sur la mer

 

Ine (伊根) se situe à l’est de la péninsule Tango (丹後半島), au nord de Kyoto. C’est un village japonais où les habitants vivent au plus près de la mer. Entourée de montagnes, vous y découvrirez une baie paisible et une petite île au large qui abritent environ 230 funaya (舟屋). Ces maisons de pêcheurs, alignées sur 5km le long de la côte, ont la particularité d’avoir un rez-de-chaussée aménagé en hangar à bateaux. Les habitants d’Ine se connaissent tous et leur visage souriant est d’une douceur égale à la brise et à la houle. Il ne fait aucun doute que ce hameau peuplé de 2500 âmes est un des plus beaux villages du Japon (日本で最も美しい村).

 

Dans les hauteurs, Funaya-no-sato Ine (舟屋の里 伊根), est une aire de repos et de vente de souvenirs d’où on a une vue impressionnante sur la région. Cet endroit constitue un bon point de départ pour commencer la promenade. Le restaurant Funaya (ouv. de 10h à 17h, fermé le mardi), à l’étage, vous proposera des plats de poissons frais.

 

 

 Sériole, daurade, thon, huître…la pêcherie d’Ine est riche en poissons et fruits de mer, pourtant, une chose fait défaut ici… une poissonnerie ! En effet, de bon matin, le port Ine-gyoko (伊根漁港) annonce dans tout le voisinage l’ouverture de son marché, où les gens se rendent directement pour acheter du poissons à bon prix.

 

Vous pourrez admirer toutes les maisons du littoral depuis le bateau-taxi, Kameshima-maru (亀島丸). Pourraient-elles être menacées par un éventuel tsunami ? Aucune crainte à avoir à ce sujet, puisque la baie est ouverte vers le sud alors que la mer du Japon, d’où viennent les raz-de-marée, se situe au nord.

 

En outre, les habitations sont protégées par l’île Aoshima (青島) d’une circonférence de 1,5km, située au milieu de la baie, comme un brise-lames naturel. A ce propos, notons que cette île abrite une stèle dédiée aux âmes des baleines, que l’on pêchait ici auparavent.

 

Par ailleurs, la différence du niveau de la mer à marée haute et à marrée basse n’y est que de 80cm tout au long de l’année. Un cas unique dans tout le pays. Sans la tranquillité de la mer, ce magnifique paysage composé de rangées d’habitations spécifiques n’aurait jamais existé. Leur charpente est solide, le toit bas et les fondations inclinées pour sortir aisément les bateaux.

 

D’ailleurs, une fois les embarcations à l’eau, les mouettes s’en approchent pour qu’on les nourisse, ce qui nous montre l’harmonie qui règne dans cette baie.

 

L’atelier de céramique Ine-kobo (伊根工房) se situe à l’est de la baie. La sympathique Mme Kura y étale ses œuvres merveilleuses dans sa jolie maison dont le rez-de-chaussée est, bien sûr, un garage à bateaux. Vous y trouverez aussi des faïences en camaïeu qui ressemblent un peu à celles de Quimper, ville maritime Française. Serait-ce un hasard ?

 

La distillerie Mukai shuzo (向井酒造) fabrique son propre sake appelé Ine-mankai (伊根満開, 1,8L, 720ml, 300ml), littéralement Ine en fleurs. Cet alcool à base de Murasaki-komachi (紫こまち), un riz sauvage, violet et riche en anthocyanines et polyphénols, est exporté dans pas moins de six pays. Son bouquet savoureux rappelle un vin rouge, mais au goût légèrement chocolaté. « Il y a même des cuisiniers français qui le servent dans leur restaurant », nous dit M. Chokeiji, un brave homme portant un bandeau et un tablier. Le gâteau roulé aux riz et sake violets, appelé Akachabin (あかちゃびん, c’est le nom d’une fée qui habite dans cette maison, selon ce monsieur), est aussi un met très apprécié.

 

La fabrication du sake commence en novembre en mélangeant, avec le plus grand soin, de l’aspergile, du riz étuvé et une eau de montagne riche en minéraux. Confectionné dans le strict respect de la tradition, le sake n’en est pas moins un élément inconditionnel de la vie du hameau pour ses fêtes et ses habitants qui vivent aujourd’hui encore de la pêche.

 

A la fin de la visite, selon vos souhaits et votre budget, je vous propose de loger dans une auberge. L’une d’elles, l’auberge Yosaso (与謝荘) se trouve sur l’autre rive, face au distilleur. La fatigue de votre journée s’y trouvera allégée quand vous verrez la vue magnifique depuis la chambre et le restaurant. Vous pourrez y passer un moment agréable, en contemplant la surface de l’eau, reflétant tel un miroir la lueur du crépuscule.

 

Ici, le temps s’écoule lentement au rythme berceur des vagues.

 

Budget nécessaire à part le tarif de guide :

Le train express Hashidate : 3770 yens pour une place non-réservée, 2h jusqu’à Ama-no-hashidate. Si vous l’avez, le JR pass est valable jusqu’à Fukuchiyama et après 1480 yens en plus jusqu’à la destination.

Le bus jusqu’à Ine-cho : 950 yens.

Et une nuit à l’auberge entre 5000 yens (sans repas) et 15000 yens (comprenant dîner et petit déjeuner).

 

JSS