Hon’ami Kōetsu : Le Léonard de Vinci Japonais

Né à Kyoto, Honami Koetsu était un artiste pluridisciplinaire :  artisan, un calligraphe, un peintre, un éditeur, un jardinier et un fabricant de masques No.

Il a laissé de nombreux chefs-d’œuvre dans toutes les disciplines artistiques. Dans le monde de la calligraphie, Honami est considéré comme l’un des trois grands calligraphes de l’ère Kanei. Il est le fondateur du style Koetsu.

La famille Honami était une famille d’entrepreneur de haut rang. Réputée pour son savoir-faire dans la fabrication de sabres depuis l’époque d’Ashikaga Takauji, ils ont servi la cour impériale ainsi que Tokugawa Ieyasu et Oda Nobunaga, leur principal patron était Maeda Toshiie.

Dès son plus jeune âge Koetsu maîtrisait les techniques de nombreux métiers, notamment le travail du bois, le travail des métaux, la laque, l’artisanat du cuir, la teinture, le tissage, la nacre, la fabrication des colliers et des gaines pour les épées.

Plus tard, Koetsu a été libéré des obligations familiale. Grâce aux compétences artisanales qu’il avait acquises, il a commencé à produire des œuvres d’art qui reflétaient la culture de la poésie waka et la calligraphie, qu’il avait admiré et étudié.

A l’âge de  40 ans, Koetsu a fait connaissance avec Tawaraya Sotatsu, un jeune peintre qui avait du talent mais pas encore de notoriété.

En 1602 Koetsu a été engagé pour restaurer le Heike Osamekei, un trésor du sanctuaire d’Itsukushima. Il a ajouté Sotatsu à son équipe. Sotatsu a répondu aux espérances de Koetsu et a continué à créer chef-d’œuvres après chef d’oeuvres. Les talents de Sotatsu se sont développés à tel point qu’il a reçu le titre de Hokkyo, de la Cour impériale environ 30 ans plus tard.

A l’âge de  57 ans Tokugawa Ieyasu lui a accordé un morceau de terre de 90 000 tsubo (un tsubo égal à environ 3,3 m2) à Takagamine, au nord-ouest de Kyoto.

Selon certaines théories, Koetsu aurait été banni. En tout cas, dés que Koetsu eu un endroit où il pouvait se concentrer sur l’art, il a abandonné le monde du pouvoir et les tourments de la vie quotidienne.

Il a tenté d’attirer des artistes dans sa nouvelle aventure et de construire une colonie d’artistes qui pourrait être considérée aujourd’hui comme une utopie. Il a vécu le reste de sa vie à Takagamine concentré sur l’art.

En réponse à l’appel de Koetsu, de nombreux métallurgistes, céramistes, artistes makies et peintres, ainsi que des artisans  de papier et de textiles se sont rassemblés autour de lui et Koetsu a dirigé ce « Koetsu-mura » .Parmi eux se trouvait le grand-père d’Ogata Korin.

De riches marchands venaient y vivre, et le village aurait compté jusqu’à  56 résidences. Koetsu avait un large cercle d’amis, y compris des samouraïs, des aristocrates et des prêtres, et même Miyamoto Musashi est venu à Koetsu-mura avant son duel avec le clan Yoshioka.

Koetsu a également participé au développement de la cérémonie du thé, qui était très populaire à cette époque. En poterie il a développé ses idées librement et a créé des bols de thé originaux.

Un des actes révolutionnaires de Koetsu était de signer ses boîtes de bol de thé de son nom. C’était la première fois dans l’histoire de la céramique japonaise qu’un créateur inscrivait son nom sur un article. Jusque-là, même les céramistes ne reconnaissaient pas clairement les bols de thé comme des œuvres d’art.

À l’heure actuelle, il n’y a que deux pièces en céramique qui sont classées trésors nationaux au Japon. L’un d’eux est « Fujisan », qui porte l’inscription de Koetsu. Il  l’a nommé ainsi  après  avoir vu le Mont Fuji couvert de neige.

Koetsu et Sotatsu étaient co-fondateurs de l’École Rinpa. Un demi-siècle plus tard, Ogata Korin a hérité  de l’esprit de l’école . Koetsu a eu un impact incommensurable sur la culture japonaise. Il a vécu 79 ans.