Groupe sanguin et personnalité : croyance populaire au Japon

Au Japon, il existe une croyance populaire selon laquelle le groupe sanguin influence les traits de base de la personnalité. On appelle cette théorie ketsueki-gata (血液型). Ne soyez donc pas surpris qu’un japonais (qui n’est pas médecin !) vous demande votre groupe sanguin.

Même si cette théorie n’est pas du tout scientifique, et ne repose sur aucune preuve empirique, elle est bien ancrée dans la culture japonaise, si bien qu’on peut suivre tous les jours à la télé l’horoscope des groupes sanguins.

On trouve aussi divers produits, déclinés en plusieurs versions « A », « B », « AB » et « O », sensés convenir au groupe sanguin du consommateur :  boissons, chewing-gum…. Ceux-ci sont particulièrement populaires chez les écolières et lycéennes japonaises. De plus, sur les biographies des célébrités et personnages de la culture populaire (manga, anime et jeux vidéos), le groupe sanguin est toujours mentionné. Cela fait partie des caractéristiques essentielles !

Il existe même des agences de rencontres basées sur la compatibilité du groupe sanguin.

Par contre, la culture populaire du groupe sanguin a aussi un côté sombre…En effet, la différence de type sanguin d’une personne dans un groupe peut mener à de la discrimination, voire du harcèlement. Surtout dans le milieu scolaire,on parle de buraddo taipu harasumento (ブラッドタイプハラスメント), ou plus couramment appelé bura-hara (ブラハラ), pour désigner le harcèlement lié au groupe sanguin.

C’est en 1927, avec la publication de l’ouvrage « Étude du caractère selon le groupe sanguin » par Furukawa Takeji, que la croyance populaire prit naissance. D’après les observations de l’auteur, les tempéraments des gens pouvaient être catégorisés selon leur groupe sanguin. Même si ce n’était qu’une pseudoscience, l’idée de l’influence du type sanguin sur la personnalité se répandit rapidement au Japon.

Dans les années 30 et 40, cette théorie fut reprise et adoptée par le gouvernement dans la formation des soldats. L’armée japonaise cherchait ainsi à recruter et entraîner des soldats plus robustes, sélectionnés selon leur types sanguins.

La croyance populaire connu un déclin dans les décennies suivantes, car le manque d’évidence scientifique de la théorie de Furukawa Takeji fut révélée au grand jour.

Cependant, la tendance fut remise au goût du jour dans les années 70, avec le grand succès du livre de  , intitulé « Comprendre les affinités selon les groupes sanguins ». Bien que l’auteur n’aie, encore une fois, aucune qualification scientifique, l’intérêt pour la croyance Ketsueki-gata continua à prendre de l’ampleur au Japon. Elle importe encore aujourd’hui pour beaucoup.

Au Japon, il y a 38% de type A, 22% de type B, 10% de type AB (ce sont donc les plus discriminés) et 30% de type O.

D’après Masahiko Nomi, les personnes de type A sont calmes, responsables, méticuleuses, réservées et ponctuelles. Par contre, elles auraient tendance à être trop anxieuses et têtues.

Les personnes du groupe B, quant à elles, sont dites passionnées, optimistes, flexibles et créatives. Toutefois, leurs traits négatifs seraient l’égoïsme, la distraction et leur côté irresponsable.

Toujours d’après Masahiko Nomi, les personnes de type AB sont rationnelles et très organisées. Elles sont aussi emphatiques et détendues, mais indécises, parfois trop froides et critiques.

Enfin, selon le ketsueki-gata, les personnes appartenant au groupe sanguin O ont confiance en elles. Plutôt sociables et ambitieuses, elles feraient de bons leaders. Par contre, on les dit arrogantes !