Education

Les parents japonais sont souvent passionnés d’éducation. Les lycéens et les collégiens vont au cours privés juku (塾) après leur école. Au Japon, les enfants vont à l’école primaire pour six ans, de 7 à 12 ans, au collège pour trois ans, de 13 à 15 ans et au lycée pour trois ans, de 16 à 18 ans. Après, la moitié des jeunes entre à l’université pour quatre ans, à l’école professionnelle ou à l’institut universitaire pour deux ans, tandis que l’autre moitié commence à travailler. L’école primaire et le collège sont obligatoires. Le lycée n’est pas obligatoire mais plus de 90% des enfants y vont.

Quand j’étais petit, il y avait une quarantaine d’élèves par classe mais de nos jours, le nombre d’enfants diminue selon les régions ou les quartiers. L’école commence à 8h30 et une leçon dure 45 minutes à l’école primaire et 50 minutes au collège ou au lycée. Les cours finissent à 15h mais on a ensuite le club sportif ou culturel si on y appartient. Le baseball est au Japon aussi populaire que le football même si les joueurs de baseball doivent se raser la tête. On peut faire aussi du judo, du kendo ou du kyudo (tir à l’arc). On rentre parfois tard, mais il est interdit d’aller au collège en vélo. J’appartenais au club musical et jouais de la trompette et de la guitare.

Au Japon, la rentrée des classes et l’activité professionnelle commencent en avril et c’est pour cela que la fleur de cerisier symbolise à la fois la séparation, la cérémonie de remise des diplômes de mars et le nouveau départ d’avril. En revanche, les vacances scolaires d’été, qui durent environ un mois, se situent au milieu de l’année et cela oblige les enfants à faire beaucoup de devoirs. Les élèves d’école primaire doivent tenir un journal de dessins tous les jours durant les vacances d’été, mais si jamais ils oublient, ils devront se presser d’écrire toutes les pages fin août. Chez les enfants, il y a aussi des vacances d’hiver de deux semaines autour du nouvel an et des vacances de printemps fin mars.

L’éducation est au Japon d’une importance extrême. Malgré l’effondrement du mythe de l’emploi permanent et de la promotion à ancienneté, le système éducatif a une forte influence sur la société japonaise. Dans certaines grandes entreprises ou dans l’administration, le nom de votre ancienne université décide parfois grandement de votre futur. Cette tendance s’est légèrement atténuée par rapport à l’époque de mon enfance, mais les études suivies sont toujours importantes pour vivre en société. En raison de la difficulté de l’examen d’entrée, la pédagogie japonaise recours à la méritocratie, surtout dans les collèges et lycées privés ou au juku, en favorisant la concurrence entre les élèves.

Les mères qui s’impliquent dans l’éducation de leurs enfants disent le mot ojuken (御受験). « O » est en japonais un préfixe poli et « juken » veut dire l’examen d’entrée. Quand elles utilisent ce terme, cela veut dire qu’elles veulent faire entrer leurs enfants dans une école privée. Malgré les frais d’études environ deux fois plus chers que l’école publique, elles veulent donner la meilleure chance de réussite scolaire à leurs enfants. Pour stimuler leurs aptitudes naturelles, il y a aussi des cours pour les enfants n’ayant pas encore l’âge d’aller à l’école.

De même, il n’est pas rare que les lycéens aillent au juku ou à l’école préparatoire, yobikô (予備校), après leur propre école dans la journée. Cela coûte très cher mais beaucoup de foyers font un sacrifice pour leurs enfants. Ils étudient assidûment et leurs professeurs passent beaucoup de temps pour les aider dans leurs révisions afin de leur faire passer le concours d’entrée des universités. C’est une véritable guerre. La plupart des universités japonaises donnent de l’importance aux notes des tests écrits. De plus, les candidats doivent choisir la discipline qu’ils étudieront avant d’entrer car chaque département d’école rédige les questions d’examen. Je suis entré à l’Université Ryukoku (龍谷大学) et apprennais le français dans le département de la culture internationale.

Comme le baccalauréat en France, les lycéens qui veulent accéder à l’enseignement supérieur doivent passer l’examen central, dit center shiken (センター試験), qui a lieu chaque année en deux jours à la mi-janvier. Cet examen représentant la première étape d’accès aux universités nationales ou communales, si le résultat du center shiken n’est pas bon, les élèves ne peuvent plus passer le deuxième examen, qui est organisé par chaque université. C’est-à-dire qu’ils doivent réussir les deux examens pour être admis aux universités nationales ou publiques. Entre parenthèses, le résultat de ce premier examen n’est pas rendu aux candidats. Ils doivent faire la correction des copies eux-mêmes (ils doivent se souvenir de tout ce qu’ils ont répondu) en se référant aux corrigés qui sont publiés le lendemain dans les journaux ou sur les pages d’accueil de juku ou yobikô.

D’ailleurs, l’examen d’admission des universités privées est très varié. Ce n’est pas obligatoire de passer l’examen central car ces universités ont leurs propres concours. Mais si le résultat de l’examen central paraît bon, selon les facultés, il est aussi possible de faire valoir ces points. Si on a un talent artistique particulier ou de bonnes performances sportives jusqu’au lycée, il vaut mieux se présenter au concours spécial où l’on en tient compte. En général, tandis qu’il y a cinq ou six matières aux examens dans les universités nationales (la langue japonaise, les mathématiques, l’anglais, l’histoire japonaise ou mondiale, la chimie ou la biologie ou la physique, etc.), il n’y en a que trois dans les universités privées. Les facultés les plus sélectives sont évidemment les plus difficiles à intégrer.

Les frais d’inscription et les droits de scolarité sont beaucoup plus chers dans le privé : cela coûte au total un million de yens (9 100 euros) par an, contre 400 000 yens (3 600 euros) dans le publics. C’est certainement l’une des raisons des mères qui s’impliquent dans l’éducation de leurs enfants.

JSS