Dans un coin de ce monde (titre japonais : Kono sekai no katasumi ni)

auteur : Fumiyo Kōno          éditeur japonais : Futabasha

Fumiyo Kōno est née à Hiroshima le 28 septembre 1968. Elle est surtout connue pour son manga Le pays des cerisiers (titre japonais : Yūnagi no machi, Sakura no kuni). En 2004, elle reçoit le Grand Prix du Japon Media Arts Festival et le Prix de la nouveauté du Prix culturel Osamu Tezuka.

 

La scène se passe à Hiroshima pendant la Seconde Guerre mondiale. Suzu Urano, une jeune femme aimant dessiner, entre dans la famille Hojo, à Kure, une ville militaire. Un jour, elle devient amie avec Rin, une prostituée. Suzu apprend par hasard que son mari Shusaku, avant leur mariage, avait une relation secrète avec cette dernière. Peu de temps après, Mizuhara, ami d’enfance et premier amour de Suzu réapparaît. Devenu soldat, il demande le gîte pour une nuit à Suzu et Shusaku. Il avoue ses sentiments à Suzu mais celle-ci le repousse, ses sentiments pour son mari restant inchangés.

La situation empire. Chez les parents de Suzu, à Hiroshima, arrive une urne funéraire contenant une pierre au lieu des os de son frère décédé. En juin 1945, Suzu et sa nièce subissent une attaque aérienne et se réfugient dans un abri. Mais à la sortie, une bombe explose. Suzu perd sa main droite tandis que sa nièce est tuée dans la déflagration. Blâmée par sa belle-sœur, Suzu est accablée de remords et pense retourner chez ses parents. Au moment où sa belle-sœur parvient à l’en dissuader, une bombe atomique est larguée sur Hiroshima puis la famille de Suzu est portée disparue.

À midi le 15 août, la radio annonce la défaite. Suzu pleure à chaudes larmes dans un coin de cette terre brûlée. Elle songe à sa famille, à ses amis et à ce monde. Surmontant sa tristesse, elle décide de vivre avec ses souvenirs.

 

 

On ressent une profonde estime pour cette héroïne qui protège désespérément sa famille et sa maison. L’auteur réussit dans cette œuvre à décrire, sans fusillade ni scène sanglante, la vie d’une famille ordinaire en temps de guerre. Grâce au style sincère de l’auteur et à la consultation minutieuse des documents de l’époque et de ses témoins, ce chef-d’ œuvre apporte aux lecteurs de nombreux messages qui ne doivent pas tomber dans l’oubli.

 

Koide Keishuke (gauche) et Kitagawa Keiko. Film réalisé en 2011.

 

JSS