Château -partie 2, le château de Nijo (Kyoto)-

Tokugawa Ieyasu (徳川家康) a fait construire le château de Nijo (二条城) à Kyoto en 1603 avant sa proclamation de Seii-tai-shogun (征夷大将軍), shogun des shoguns. Comme cet endroit se situe près du Palais impérial (京都御所), il semble avoir voulu surveiller les mouvements de l’Empereur : le clan Tokugawa a installé son gouvernement et résidé à Edo, actuel Tokyo, alors que la cour impériale restait à Kyoto.

 

Après le séjour du troisième shogun, Iemitsu (徳川家光), ce château n’a accueilli aucune visite de ce clan jusqu’au quatorzième shogun, Iemochi (徳川家茂). L’autorité de cette famille s’est achevée avec le quinzième shogun Yoshinobu (徳川慶喜), qui a annoncé dans ce château la restitution de ses pouvoirs à la cour impériale (大政奉還), événement déterminant pour la Restauration de Meiji (明治維新). Par un jeu du destin, l’époque d’Edo a débuté et s’est terminée dans le même château. Les tableaux solennels peints sur les portes coulissantes des pièces par la famille Kano (狩野派) font imaginer le prestige du shogun d’alors.

Les peintures de tigres et de léopards sur les portes coulissantes étaient destinées à intimider les seigneurs féodaux dès qu’ils entraient dans ces pièces. À l’époque, il n’existait pas de télévision ni de photo permettant de connaître les animaux sauvages. Les seigneurs étaient invités sans préambule à s’asseoir au milieu de cette grande salle, sous le regard farouche des animaux qui les observaient de tous côtés. Le shogun Tokugawa a réussi à décourager les vassaux d’une éventuelle rébellion dès le début de leur visite.

Construits par des personnes influentes, les châteaux japonais cachent de nombreux secrets historiques. Pourquoi ne pas en visiter lors de votre voyage au Japon ?

Accès au château de Nijo à Kyoto : descendez à la gare de Kyoto et prenez le métro jusqu’à Nijo-jo-mae (二条城前), 250 yens. Tarif d’entrée : 600 yens.

 

Autres châteaux recommandés au Japon :

Le château de Matsumoto (松本城) dans la préfecture de Nagano (長野県)

Les châteaux d’Inuyama (犬山城) et Nagoya (名古屋城) dans la préfecture d’Aichi (愛知県) ; celui de Nagoya a été construit en 1610 par Tokugawa Ieyasu, avec l’aide de ses daimyo, seigneurs locaux qui gouvernaient un fief ou un clan et qui n’étaient que nominalement inféodés à l’empereur. Par conséquent, plus de cinq millions de personnes ont participé à sa construction.

 

Le château de Hikone (彦根城) dans la préfecture de Shiga (滋賀県) ; le chat Hikonyan (ひこにゃん), mascotte du château, est le plus populaire des yurukyara (ゆるキャラ), personnages thématiques qui apportent un côté ludique à la visite.

Le château de Himeji (姫路城) dans la préfecture de Hyogo (兵庫県)

 

Le château de Kumamoto (熊本城) dans la préfecture de Kumamoto (熊本県), surnommé « château de ginkgo ». Brûlé pendant la guerre, il a été reconstruit en un peu plus de quatre ans après des fouilles qui ont permis de découvrir beaucoup d’objets d’art précieux minutieusement confectionnés par des artisans, il y a 400 ans. Pour reconstruire le château, 40 000 cannes de bois ont été jointes sans utiliser de clou et 140 000 tuiles ont été cuites. Comme d’autrefois, les murs ont été fabriqués en bambou, corde de paille et terre et ce sont les artistes de Kyoto qui se sont occupés de la ferronnerie. Grâce à ces efforts minutieux, le château de Kumamoto a été parfaitement restauré.

JSS