Le karōshi : la mort par surmenage au Japon

Au Japon, le terme karōshi (過労) fait référence aux morts liées à l’épuisement au travail. Le karōshi est reconnu comme maladie professionnelle par les autorités japonaises depuis 1989.   Réel problème de santé publique, cette mort par surmenage cause 200 décès chaque année. Mais ces chiffres ne représentent que la pointe de l’iceberg… Le karōshi est un phénomène de grande ampleur, peu visible et dont on parle peu. Il toucherait en fait plusieurs milliers de salariés japonais chaque année, tandis que des centaines de milliers de personnes seraient « à risque ».

D’après un rapport publié l’année dernière, 22,7% des entreprises japonaises admettent qu’une partie de leurs employés font plus de 80 heures supplémentaires chaque mois. C’est plus d’un salarié japonais sur cinq ! Plus inquiétant encore, ces 80 heures supplémentaires sont considérées comme le seuil officiel à partir duquel le surmenage présente un risque pathologique, et notamment un risque suicidaire.
Au Japon, la surcharge au travail s’explique plus par les moeurs sociales que par un réel besoin financier. C’est même parmi les salariés les mieux payés, notamment ceux qui gagnent plus de 80 000 euros par an, que le karōshi fait le plus de victimes. Continuer la lecture de « Le karōshi : la mort par surmenage au Japon »

Le syndrome de Paris

Le Syndrome de Paris, en japonais Pari shōkōgun (パリ症候群), est un trouble psychiatrique qui touche spécifiquement des touristes japonais en voyage à Paris.

On estime de 10 à 20% le nombre de Japonais qui écourte leur séjour sur la capitale et si ils ne peuvent pas fuir, alors ils s’enferment dans leur chambre d’hôtel jusqu’au départ.

Pour les cas les plus graves une vingtaine de personnes chaque année sont  hospitalisées ou rapatriées au Japon.

Même s’il est rare, il frappe par son intensité : décompensation psychotique transitoire avec délires de persécution, hallucinations, convulsions, tachycardie, et attaques de panique…

C’est en 1986 que le Docteur Hiroaki Ōta (太田 博昭), psychiatre à Paris, repère pour la première fois ce syndrome.

Selon lui, l’origine du trouble vient du décalage entre l’image que se font les Japonais de la France et la réalité. 

En effet, ici au Japon, la France est synonyme d’élégance, de romantisme et de culture…

Sa capitale Paris, en particulier, est sublimée au quotidien dans des publicités pour des produits de luxe « made in Paris« .

Elle apparaît comme au temps du Montmartre et du Montparnasse des années folles, ou encore comme dans le film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, qui connaît un grand succès auprès des japonais.

Mais en réalité, Paris est loin de correspondre à cet idéal, ce qui constitue un premier choc.
 

Le comportement des français envers les étrangers, mondialement réputé pour sa nonchalance, génère un deuxième choc.

En effet, le syndrome de Paris est aussi le résultat du fossé entre les codes culturels de l’hospitalité au Japon et en France. Continuer la lecture de « Le syndrome de Paris »

Vieillissement de la population

vieillissement de la population 1

Le Japon est le pays où l’espérance de vie est la meilleure, avec 78 ans pour les hommes et 86 ans pour les femmes. Manger du washoku (repas japonais. N.B : la commission de l’UNESCO a recommandé au Japon d’inscrire le washoku en tant que patrimoine mondial immatériel), fumer peu, se lever et se coucher tôt, faire du sport, avoir un service médical à la pointe… Le vieillissement de la population a commencé au Japon en 1970, où les plus de 65 ans ont atteint 7%. Ce taux a atteint 14,5% en 1995, et cette tendance ne cesse de s’accroître, avec la baisse du taux de natalité. Selon l’autorité, le nombre de personnes de plus de 65 ans était de 26,4 millions en septembre 2006, soit 20,7% de la population (127,72 millions). Il devrait atteindre 26% en 2015, et 28,7% en 2025. Je cite ici des pistes de réflexion sur ce problème.

Continuer la lecture de « Vieillissement de la population »

Amaterasu

 

 

 

 

Amaterasu (天照) est la déesse shintoïste du Soleil et la reine des hautes plaines célestes (Takama no hara). Son nom est généralement suivi du qualificatif ōkami (大神) ou ōmikami (大御神), grande déesse. Elle est la plus honorée des kami. Elle serait l’ancêtre des empereurs japonais et aurait introduit la riziculture, la céréaliculture et la sériciculture ainsi que l’art du tissage au métier à tisser. Elle est représentée par un disque solaire sur le drapeau japonais (日の丸の旗, hinomaru no hata, drapeau au disque solaire). Elle apparaît dans le Kojiki (古事記, chronique des faits anciens) et le Nihon Shoki (日本書紀, annales du Japon). Elle est vénérée dans le temple shinto d’Ise.

  Continuer la lecture de « Amaterasu »

L’empereur du Japon

Le 23 décembre, on célèbre tennou tanjoubi (天皇誕生日), c’est-à-dire l’anniversaire de l’actuel empereur du Japon, Akihito. Au Japon, il est désigné par Sa Majesté l’Empereur (天皇陛下, tennō heika). Le Japon est une monarchie constitutionnelle. L’emblème de la maison impériale est le chrysanthème. Le rôle de l’empereur est défini par la Constitution de 1946 : il est le symbole de l’État et de l’unité du peuple japonais mais n’a pas de rôle dans le gouvernement.

  Continuer la lecture de « L’empereur du Japon »

La guerre et les Japonais, 60 ans après l’indépendance – partie 3 –

 

 La photo montre M. Shuichi Kato (加藤周一, 1919-2008), polémiste libéral connu au Japon. Il s’était spécialisé dans les beaux arts et l’actualité. Il a également lutté contre la révision de l’article 9 de la Constitution japonaise. Lors du récent rangement de la bibliothèque de l’université Ritsumeikan à Kyoto, ses cahiers, méconnus, ont été retrouvés.

Continuer la lecture de « La guerre et les Japonais, 60 ans après l’indépendance – partie 3 – »

La guerre et les Japonais, 60 ans après l’indépendance – partie 2 –

Mon grand-père maternel ne pourra jamais oublier la guerre. Dans l’armée japonaise, l’ordre d’un gradé était un ordre absolu. Un jour qu’il avait tenté de protéger un camarade de régiment qui avait commis une erreur, un sergent l’avait frappé au visage le rendant partiellement sourd d’une oreille. Au moment de la capitulation du Japon, il était en zone chinoise de la Mandchourie. Lorsque le bateau qui devait le rapatrier est arrivé, il n’a pas été admis à bord. La raison ? Mon grand-père avait le même nom de famille que l’amiral en chef de l’armée japonaise, Yamamoto (photo ci-dessus, Isoroku Yamamoto, amiral en chef de l’armée japonaise). Or, ce haut gradé était mort sur le champ de bataille deux ans plus tôt. De crainte que mon grand-père et lui ne soient confondus par l’armée d’occupation américaine et que mon grand-père ne soit arrêté à tort, ses camarades lui ont demandé de rester en Chine. Il n’a pu rentrer au Japon qu’un an plus tard.

Continuer la lecture de « La guerre et les Japonais, 60 ans après l’indépendance – partie 2 – »

La guerre et les Japonais, 60 ans après l’indépendance

Le 18 mai 2012, la réunion sur le bombardement d’Uma-machi (馬町爆撃を語ろう会) s’est déroulée à Kyoto, soixante ans après la Seconde Guerre mondiale. Où est Uma-machi ? C’est le quartier qui se situe en bas du temple Kiyomizu (清水寺), le temple le plus visité de Kyoto pour son paysage magnifique visible depuis la terrasse. Certains guides mentionnent que la ville de Kyoto n’a jamais été pilonnée, mais elle a subi une vingtaine de bombardements aériens qui ont tué au moins trois cents personnes. Le quartier en question a été attaqué la nuit du 16 janvier 1945. 140 immeubles ont été endommagés et plus de 90 personnes ont été tuées ou blessées. A cause du silence sur ces événements, ces vérités sont malheureusement peu connues des touristes qui visitent Kyoto.

 

Continuer la lecture de « La guerre et les Japonais, 60 ans après l’indépendance »

Élimination du césium

Les enfants peuvent-ils jouer dehors sans risque vis-à-vis de la radioactivité ? Voici la crainte actuelle des sinistrés du Tohoku. Ce n’est pas rare que les familles déménagent vers d’autres régions et que les élèves changent d’école. Certains clubs sportifs manquent de membres et ils ne peuvent pas organiser d’équipe.

Continuer la lecture de « Élimination du césium »

Dugong à Okinawa

Okinawa (沖縄) est la préfecture méridionale du Japon. De nombreux touristes y viennent en été pour nager ou faire de la plongée en scaphandre autonome. La vue depuis la colline du dugong (ジュゴンの見える丘) est magnifique et comme son nom l’indique, on peut parfois voir des dugongs.

Continuer la lecture de « Dugong à Okinawa »