Bouddhisme zen et Steve Jobs

Zen. Aujourd’hui, ce mot japonais est très répandu dans le monde. Steve Jobs (1955-2011), fondateur d’Apple, était un fervent admirateur de l’école Sôtô-shu (曹洞宗), une fraction du bouddhisme zen. Alors que signifie exactement ce mot ?

 

Quand je demande à des voyageurs dans quelles situations ce mot est utilisé en France, ils répondent ‘tranquillité’, ‘paix de l’âme’ et ‘esprit sain’. Je pense que les Japonais feraient de même. Mais d’où vient cette tranquillité d’esprit ?

 

Le bouddhisme zen est pratique et pragmatique par rapport au bouddhisme de la terre pure, Jôdo-shu (浄土宗) ou Jôdo-shin-shu (浄土真宗). Son principe est appelé furyu-monji (不立文字), qui veut dire qu’il est impossible d’exprimer par des mots ses mystères. Si j’essaie de l’expliquer par un mot, c’est le kanji ‘禅 zen’ qui sied le mieux : il est composé de deux parties, ‘単 tan’ signifiant ‘simple’ et ‘示 shimesu’, ‘indiquer’. Donc ‘indiquer la simplicité’. Ce n’est pas l’étymologie du bouddhisme zen, mais fortuitement, il saisit sa quintessence. Que ce soit pour le jardin, l’architecture, le repas, ou la méditation, le bouddhisme zen cherche à être simple.

 

Quand Steve Jobs a dessiné l’i-phone, il s’est attaché à ce qu’il n’ait qu’un seul et unique boutton : si l’appareil n’est pas simple, il ne sera pas apprécié par tout le monde et toutes les générations.

 

La raison de la stagnation de l’industrie japonaise actuelle pourrait être là. De la télécommande de télévision à l’ordinateur, le progrès est merveilleux dans ce pays de haute technologie. Cependant, leur complexité est telle que même les jeunes ont du mal à les maîtriser. Veiller à rester simple sans accessoires inutiles, c’est là le fondement du zen.

 

JSS