Bouddhisme -partie 2-

La pagode des temples bouddhiques représente la tombe de Bouddha, et on dit qu’un fragment de ses os est conservé à l’intérieur. C’est comme les monastères européens du Moyen Âge, qui proclamaient posséder des reliques sacrées. Comme substitution aux os, une perle est mise dans les pagodes japonaises.

Au Japon, chaque famille porte son propre blason et celui-ci est gravé sur leur tombe. De plus, on voit des plaquettes installées autour de la tombe, appelées sotoba (卒塔婆), sur lesquelles on écrit le nom du défunt donné par un bonze, afin de prier son repos. Les Japonais se rendent au cimetière plus souvent que les Français. Ils y mettent des fleurs, de l’encens, des bougies et des offrandes. À titre indicatif, on peut les acheter au magasin qui se trouve souvent à côté du cimetière. Des seaux et des puisoirs sont aussi préparés à l’entrée du cimetière. La période d’O-bon (entre le 13 et le 16 août, les esprits des morts reviennent dans ce monde) est importante comme la fête de la Toussaints en France.

Si ce sont des familles croyantes de la Jôdo-shû (浄土宗), l’école du bouddhisme de la Terre pure, les mots Namu-Amidabutsu (南無阿弥陀仏 = soyez bienveillant à mon égard, monsieur le Bouddha) sont marqués sur leur tombe. Pour exprimer le paysage du paradis, l’architecture du temple de cette école est plus lumineuse et décorative que celle du temple zen (禅), qui est sobre et petit mais possède des salles de méditation et des jardins.

Les différences entre le bouddhisme de la Terre pure et le bouddhisme zen ressemblent aux différences entre le catholicisme et le protestantisme : les croyants catholiques font le signe de croix contraiement aux protestants et les protestants donnent plus d’importance aux rapports directs entre les croyants et Dieu.

De même, les bâtiments du zen sont plus sobres que ceux du bouddhisme de la Terre pure et cela reflète les différences entre eux. Le zen se caractérise par son précepte strict dans lequel les croyants doivent travailler par eux-mêmes pour atteindre l’illumination, tandis que ceux du bouddhisme de la Terre pure demandent à Bouddha de les sauver. Ce dernier est une école populaire et c’est pourquoi il y a souvent une grande chapelle de sorte que beaucoup de gens puissent prier.

Certes, il est difficile de marquer une séparation nette entre le shintoïsme, la « voie des dieux (“shin” veut dire dieu et “to”, voie)», et le bouddhisme. La raison la plus importante de cette coexistence pacifique est le fait que le shintoïsme concerne ce monde, tandis que le bouddhisme traite du monde des morts et des âmes des défunts. Ces deux religions se complètent mutuellement. De plus, le shintoïsme a plusieurs dieux mais n’a aucun dogme ni texte sacré, tandis que le bouddhisme a plusieurs écritures mais aucun dieu. Ainsi, il est tout à fait possible au Japon de construire un monastère bouddhiste à côté d’un sanctuaire shintoïste.

Comme mentionné dans la partie 1, le bouddhisme du Japon appartient au grand véhicule dans lequel on croit à Bouddha, à Amida ou aux bodhisattva. Par ailleurs, dans d’autres pays d’Asie existe le bouddhisme du petit véhicule dans lequel on doit mener une vie aussi austère que celle de Bouddha. Ce dernier était le courant principal il y a deux mille ans. Cependant, comme il était d’une sévérité excessive, les croyants ont créé les préceptes du grand véhicule, plus facile à pratiquer pour les gens ordinaires. Sans rien modifier de l’essence du bouddhisme, c’est celui-ci qui s’est répandu au Japon.

Voir bouddhisme partie 1 et le bouddhisme contemporain

JSS