Bonsaï -partie 2-

Comme les objets rares, la valeur d’un bonsaï s’élève à mesure que les années passent. Sur certains vieux bonsaïs, une partie du tronc est dénudée. Appelée shari (舎利), os de Bouddha, cette partie est précieuse et contraste avec la couleur brune des parties où subsiste l’écorce, appelées mizu-sui (水吸い, mizu = eau ; sui = absorber), car la sève y circule encore. Cette opposition illustre le cours de l’existence : la vie et la mort.

 

L’équilibre des branchages est particulièrement important. Comme il faut plusieurs dizaines d’années pour obtenir des rameaux sur une partie non ramifiée, certaines personnes utilisent des greffons afin de confectionner librement leur œuvre dans un court laps de temps. Le greffon doit être du même genre que le porte-greffe, mais il est possible de jouer sur la variété de couleur des fleurs du greffon. On troue le tronc pour y insérer un rameau en le vissant. La soudure se fait naturellement en environ deux ans.

Pendant longtemps, le rosier était considéré comme inadapté au bonsaï car son tronc ne grossit pas. Cependant, un spécialiste des rosiers a remarqué que leurs racines deviennent plus grosses que leurs troncs. Il a transplanté des rosiers une fois par an en surélevant petit à petit leurs racines pour les exposer au soleil et les endurcir. C’est ainsi qu’il a inventé le bonsaï de rosier.

Étant donné qu’un bonsaï était peint sur la tombe du fils de Wu Zetian (625-705), la seule impératrice de toute l’histoire de Chine, on estime que l’origine du bonsaï remonte au VIIème siècle. On estime que son arrivée au Japon remonte à 800 ans et représentait l’un des plaisirs des nobles. Sur certaines peintures en rouleau de l’époque de Kamakura (1185-1333), on peut voir des pins bonsaï dans le jardin des résidences des aristocrates. Le pin est très populaire au cours de l’époque d’Edo (1603-1867) et d’après une peinture datant de cette période, beaucoup d’arbres ont été cultivés dans le grand jardin de la famille Tokugawa (lignée du shogun du début de cette époque) à Kishu (紀州). Désormais, le bonsaï s’est généralisé chez les personnes qui n’ont pas de jardin et plusieurs sortes de plants ont été développés.

Depuis longtemps, l’arbre principalement utilisé pour le bonsaï est le pin. Comme il garde ses aiguilles en hiver et peut pousser sur des sols pauvres, il est le symbole de la longévité et de la prospérité éternelle de la famille. Au nouvel an, les Japonais ont coutume de mettre devant leur maison le kadomatsu (門松), branche de pin et de bambou servant à décorer la porte d’entrée pour bien accueillir le dieu descendant dans ce monde.

Voir bonsaï partie 1