Le parc de Nara

Sur l’île d’Honshū (本州), la principale île du Japon, le Kansai (関西地方), situé à l’ouest, est réputé pour être le centre historique et culturel de l’archipel. Ce n’est donc pas un hasard si nous y trouvons la deuxième ville la plus visitée par les élèves japonais lors de voyages scolaires : Nara, 奈良市 (la 1ere étant bien sûr Tokyo Kyoto et ses 2 000 temples). Prononcée « Nala », elle fut la capitale du Japon, sous le nom de Heijō-kyō (平城京), lors de la courte période dite de Nara (710-794), soit durant « l’Antiquité » japonaise, Kodai (古代).

A l’instar de notre article précédent sur la Montagne des singes, Nara est célèbre pour abriter un autre sanctuaire animalier dédié cette fois aux cerfs shika : le parc de Nara (奈良公園). Telle la vache en Inde, le cerf était considéré comme divin au Japon, et le chasser était puni de la peine de mort jusqu’en 1637. Ce statut découle d’une légende selon laquelle en 768, le Dieu du Tonnerre, Takemikazuchi (建御雷/武甕槌), se rendit à Nara, alors capitale, monté sur un cerf blanc, pour offrir sa protection à la cité et au Japon, contre les séismes notamment. Depuis, les habitants de Nara eurent pour coutume de s’incliner au passage de cerfs, considérés alors comme messagers des Dieux. Suite à la séparation du Divin et de l’Etat enclenchée à l’issue de la 2nd Guerre Mondiale, les cerfs de Nara devinrent un Trésor Naturel en 1957.

Ce sont donc les descendants de ces cerfs, plus d’un millier en liberté, que vous pourrez approcher sur 502 hectares au parc de Nara (奈良公園) fondé en 1880. Et si après les singes d’Arashiyama, vous vouliez nourrir les cerfs de Nara, sachez qu’il est possible d’acheter des petits paquets de biscuit au riz (鹿煎餅 Shika-senbei) pour 150 yen. Toutefois, contrairement à la cabane grillagée, à Nara, point de protection entre le cerf et vous. Et si les attaques de cerfs se sont multipliées contre les touristes poussant les autorités à mettre en place des panneaux d’information à chaque stand de biscuit (donner le biscuit directement à l’animal et non le taquiner en agitant le biscuit devant lui par exemple), ce sont également les cerfs qui souffrent d’un afflux de touristes insouciants. Ainsi, il y a quelque mois, un cerf fut découvert mort avec plus de 3 kg de sac plastique dans son estomac. Gourmand et chapardeur, il n’est pas rare de voir un cerf attraper et manger le sac plastique d’un touriste étourdi qui revenait du kombini du coin. Ce ne sont pas moins de 7 cerfs qui décéderaient ainsi chaque mois. Une nouvelle fois, c’est un défi pour le Japon souhaitant lutter contre l’exode rural massif tout en essayant de concilier respect des traditions, économie et tourisme de masse.

Nous vous conseillerons donc de faire très attention à vos déchets, et lorsque vous nourrissez les cerfs, gardez sac plastique à distance de l’animal, et par-dessus tout, restez vigilant lors de vos selfie avec un des trésors naturels du Japon

Accès au parc de Nara : Accessible 5 minutes à pied depuis la station Kintetsu Nara, et 20 minutes environ depuis la station JR Nara. Prix d’entrée : gratuit.

La Montagne des singes d’Arashiyama

Si vous êtes du genre à vous renseigner un maximum pour votre prochain voyage au Japon, vous êtes surement tombé sur ces brochures touristiques ou autres livres spécialisés sur le Japon dont la couverture présente tantôt une Geisha, tantôt Fuji-San, tantôt un torii, … et parfois tout à la fois ! Et souvent, un petit animal, exclusif à la péninsule : le macaque japonais, fréquemment représenté se réchauffant dans un onsen.

Plus connu pour sa forêt de bambou, Arashiyama, à l’ouest de Kyoto, compte aussi un autre endroit agréable, souvent mésestimé par les touristes : la Montagne des singes. Au moins sportif d’entre vous, soyez rassuré, c’est une petite marche de 20 minutes environ qui vous conduiront dans ce sanctuaire animalier où les singes vivent dans leur environnement naturel. Ici, pas de cage, si ce n’est pour les visiteurs humains, où une cabane munie de grillages permet de nourrir les singes  avec des morceaux de pomme ou banane (100 yen) et d’observer l’animal à quelques cm en toute sécurité pour vous et lui.

Du vieux sage au plus juvénile, ce n’est pas moins de 130 singes mi-sauvages que vous pourrez contempler de très près. Heureusement, ce parc semble être responsable, et de nombreux panneaux vous rappelle les interdictions : ne pas regarder les singes dans les yeux, ne pas s’agenouiller à leur côtés, ne pas les nourrir en dehors de la cabane, etc… De nombreux gardiens sont présents afin de veiller sur les singes … (et surveiller les humains allergiques aux règlements !).

Endroit sympathique et familiale, où l’Homme semble être en cage, et l’animal en liberté, la montagne des singes est à visiter si vous vous rendez du coté d’Arashiyama. D’autant plus qu’une vue panoramique sur l’ancienne capitale japonaise s’offrira à vous à son sommet.

Accès a la Montagne des singes : descendre a la station Saga-Arashiyama de la ligne JR Sagano, puis marcher une dizaine de minutes. Avec les lignes de bus 93 ou 11, descendre a la station Arashiyama, puis marcher 5 minutes. Idem avec la ligne de métro Hankyu-Arashiyama. Prix d’entrée : 550 yen (adulte), 250 yen (de 4 à 15 ans). Une à deux heures de visite.

Le Château d’Osaka

Le château d’Osaka est l’un des châteaux les plus célèbres de l’archipel. Notamment grâce à son intérêt historique puisque ce n’est pas moins de 435 ans que nous contemplons depuis ses remparts. Enfin bien entendu si nous mettons de côté que l’édifice fut détruit et reconstruit de nombreuses fois, au gré des nombreuses guerres qui déchirèrent le pays pendant des siècles.

Son propriétaire n’est autre que Toyotomi Hideyoshi (豊臣秀吉 1537-1598) qui en décida l’édification en 1583, mais ne put en profiter que peu de temps : achevé en 1597, il mourut un an plus tard. Passé aux mains du fils, Toyotomi Hideyori , le château sera le théâtre d’un des évènements majeurs dans l’histoire de Japon : le siège d’Osaka par la puissante famille Tokogawa et leur deux campagnes militaires de 1614 à 1615 qui aboutirent à la prise du château et sa destruction complète, et l’unification du Japon féodal par les Tokogawa. Une stèle en pierre fut placée dans la partie nord du château, à l’endroit même où Toyotomi Hideyori, et sa mere, Yodo-dono, se suicidèrent par seppuku, faisant ainsi disparaitre le clan Toyotomi.

Reconstruit par les Tokogawa en 1620, puis quasi détruit a nouveau lors de la restauration de Meiji, re-re-construit dans les années 30, il sera re-re détruit par les américains durant la 2nd guerre mondiale..

Donc, d’un point de vue historique, ce château vaut le détour. D’un point de vue architectural, nous serons mitigés. De l’extérieur, le château, ses remparts et ses jardins sont magnifiques, et ne mâchons pas nos mots, vous y photographierez probablement parmi vos plus belles photos au Japon. Quant à l’intérieur du monument…

Cet édifice est l’une des principales, si ce n’est la principale, attraction touristique de la ville. Et le terme « attraction » n’est pas usurpée tant l’intérieur dénote avec l’extérieur. Pour sa reconstruction, le bois, matériau noble, a laissé sa place à un matériau dit moderne : le béton (soyons sarcastique, mais peut être que le gouvernement japonais était lassé des trop nombreuses destructions du bâtiment..). Ascenseurs, escaliers en bétons d’un triste gris monotone, néons, télévisions, boutique, nous nous trouvons dans un musée moderne de 1997 à la gloire de Toyotomi Hideyoshi. Peut-être est-il trop moderne, peut-être avait-il sa place ailleurs, mais quelque chose ne va pas avec cet intérieur. Mention spécial, avec la possibilité pour les touristes moyennant yen de se coiffer d’une réplique bas de gamme de casque, kabuto (兜, 冑) de célèbres samouraïs…

Accès au château d’Osaka : l’arrêt le plus proche est Tanimachi Yonchome accessible avec les lignes de métro Tanimachi et Chuo. Ouvert tous les jours sauf du 28 décembre au 1er janvier. Tarif d’entrée aux jardins et à l’extérieur du château : gratuit. Tarif d’entrée du château (on va dire que la vue panoramique d’Osaka accessible 8eme étage vous intéresse) : 600 yen.

Le Château de Nijō (二条城) à Kyoto

En 2026, le château de Nijō à Kyoto fêtera ses 4 siècles d’existence. Débuté en 1603, puis achevé 23 ans plus tard, il fut construit à l’initiative du shogun Tokugawa Ieyasu (1543-1616) puis complétée par son petit fils,. Iemitsu Tokagawa. Les Tokugawa firent de l’édifice la résidence secondaire du shogunat à Kyoto, lors de leurs séjours dans la capitale impériale du Japon (le shogun vivant alors à Edo, la future Tokyo). En 1994, le château fut nommé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le monument se compose de deux bâtiments principaux : le Palais Ni no maru (二の丸) et le Palais Hon maru (本丸), soit environ 8 000 m2 de constructions sur  une surface totale de 275 000 m2.

Dans le palais Ni no maru, des premières pièces à la décoration sommaire, aux pièces intérieures richement décorées, l’ordonnancement des pièces témoigne de l’importance des rapports sociaux au Japon : les unes pour les visiteurs lambda, les autres pour les visiteurs de marque.

Outre les douves, ses immenses portes et murs de pierre massifs qui constituent la panoplie défensive de tout château digne de ce nom, le château de Nijō possède un plancher dit «rossignol». Comme son nom l’indique, chaque pas sur ce plancher émettra un bruit identique au cui-cui d’un oiseau, afin de prévenir toute intrusion d’individu mal intentionné, les assassins notamment…

En 1867, c’est dans le palais Ni no maru que le shogun Yoshinobu Tokugawa dut rendre officiellement le pouvoir à l’autorité impériale, mettant fin aux 265 années du shogunat des Tokugawa, pour voir débuter un an plus tard, la restauration de Meiji (1868-1912).

Divisé à l’origine en cinq parties : appartements, salles de réception et de divertissement, hall d’entrée et cuisines, le palais Hon maru fut détruit par le feu qui ravagea Kyoto en 1800. Hon maru est ouvert pour le public uniquement lors d’événements spéciaux.

Malgré cette déconvenue, les jardins méritent à eux seuls le détour, Japon oblige, l’ensemble étant très bien entretenu : cerisiers, ginkgos, pins, ainsi qu’un grand bassin dans le plus pur style japonais avec ses nombreuses pierres placées méthodiquement.

Accès au château de Nijō : depuis la gare de Kyoto, prendre la ligne de métro Karasuma, jusqu’à Karasuma-Oike, puis la ligne Tozai jusqu’à l’arrêt Nijojo-mae. Fermée les mardis des mois de janvier, juillet, août et décembre. Tarif d’entrée du château : 600 yen, +400 yen pour le palais Ni no maru.