Un an après le grand tremblement de terre du Tohoku

Un an a passé depuis le grand tremblement de terre du Tohoku (東日本大震災). Les afflictions des sinistrés sont gravées dans les mémoires. Alors, que pouvons-nous faire maintenant ?

 

Le Japon va bientôt accueillir la saison des cerisiers. La plupart des Japonais aiment cette fleur éphémère. Très beaux, ses pétales évoquent la tristesse pour ceux qui viennent de perdre leurs proches et c’était exactement le cas l’année dernière. Autrefois, cette fleur à cinq pétales était aussi le symbole des kamikazes, avions-suicide de l’armée de l’air. Aujourd’hui, les Japonais trouvent une valeur esthétique dans cette fleur qui s’épanouit et tombe aussitôt.

D’ailleurs, le Tohoku est la région où l’on trouve le plus de cerisiers. La ligne climatique de floraison des cerisiers remonte du sud vers le nord à partir de la fin mars. Comme cette région se trouve sur la partie oblongue de l’archipel, le front climatique redonne graduellement vie aux arbres. Dans la littérature japonaise, il y a une quarantaine d’appellations différentes du printemps car il est subdivisé selon le degré de floraison : bourgeonnement, floraison, chute des pétales…

 

Les Japonais apprécient cette période depuis longtemps. À l’opposé de « l’éternité » qui est appréciée dans les cultures européennes et des constructions en marbre comme le Parthénon en Grèce, les Japonais accordent, depuis toujours, de l’importance à l’acceptation de la fugacité et y trouvent leur joie de vivre. Habitant dans un archipel étroit, leurs ancêtres ont connu plusieurs désastres et vécu de grands deuils. Ils ont quand même à chaque fois surmonté les epreuves et se sont relevés courageusement. Ainsi, l’histoire de ce pays est-elle parsemée par de tels bouleversments.

 

Près de vingt mille personnes ont été tuées et environ trois cents mille sont forcées de vivre dans des constructions provisoires ou de quitter leur ville.

Les Japonais sont aussi reconnaissants pour les aides financières reçues du monde entier. Puisque les sinistrés du Tohoku étaient restés intègres et n’avaient pas, même dans cette situation extrême, commis de saccages, ils ont bénéficié d’une bonne réputation à l’international. Par ailleurs, ces remarques ont motivé le peuple japonais pour rassembler leur courage et rétablir le pays.

 

Les Japonais sont capables de s’entraider et de bien se comporter face aux désastres naturels, mais ils sont trop insouciants devant les désastres provoqués par l’imprudence des hommes. Quant à la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, c’est clair que les actions maladroites du gouvernement et les informations tardives ont mis les réfugiés dans l’embarras. Aussi les Japonais restent-ils mesurés face aux progrès de la capitale, faits au prix de la sécurité des habitants de Fukushima, chargés de produire l’électricité pour les citadins grâce aux centrales nucléaires. La population ne devrait pas oublier quelle est la cause de cette catastrophe.

 

Autre changement de la mentalité japonaise observé au cours de cette année : alors que les Japonais manifestent moins que les Français, ils ne veulent désormais plus se taire. Nombre de personnes sont descendues dans les rues. Des voix ont commencé à s’élever pour réclamer les mesures nécessaires à la reconstruction du pays. Les Japonais se sont ainsi aperçus qu’ils devaient créer leur futur eux-mêmes. Ils ne veulent plus ni de cette ploutocratie ni de ces travaux publics qui ont fini par épuiser la nature.

 

 

Après la défaite de la Seconde Guerre mondiale, les Japonais disaient qu’il faudrait au moins cinquante ans pour redresser le pays. Courageux, ils n’ont pas écarté le seul des maux de l’humanité resté au fond de la boîte de Pandore : l’Espérance. Cette fois encore, ils peuvent s’engager sur le chemin du rétablissement.

Le 11 mars 2012, la première édition du marathon a eu lieu à Kyoto et une partie des frais d’inscription était reversée aux sinistrés. J’y ai participé en espérant que tous les Japonais iront vers un futur meilleur. Je termine cet article en adressant à nos lecteurs une requête : venez découvrir le Japon, ce pays si plein de charmes.

 

JSS