La langue japonaise -partie 3-

Comme la différence entre ‘tu’ et ‘vous’ en français, le rapport entre le locuteur et l’interlocuteur est important dans la langue japonaise, qui demande le respect strict à l’égard des supérieurs. Les verbes font des conjugaisons précises selon l’ordre hiérarchique des situations.

Cette nature résulte des circonstances sociales de l’époque Meiji (明治時代, 1868-1912) où les Japonais, suite à l’ouverture du pays aux étrangers, ont compilé leurs anciens dialectes et développé une langue contemporaine pour contribuer à l’unification de leur territoire : en parlant la même langue, les Japonais sont davantage unis. Ainsi, la langue standard hyojungo est-elle utilisée aujourd’hui à Tokyo et dans les bulletins d’informations.

Différant du français qui n’utilise que ‘je’ pour parler de soi, le japonais se sert de boku (僕) ou ore (俺) pour les hommes et watashi (私) ou atashi (あたし) pour les femmes. Ore doit s’utiliser seulement entre amis. Dans le travail ou les scènes formelles, nous devons tous dire watashi et utiliser les termes honorifiques, keigo. D’ailleurs, dans les couples âgés, certaines japonaises utilisent parfois les keigo dans leur conversation pour parler de leur mari. De plus, alors que les mots japonais n’ont pas de genre,  certains termes sont convenables seulement pour les hommes, d’autres pour les femmes. Exemple : pour dire ‘j’ai faim’, les femmes devraient dire onaka ga suita, et non hara hetta.

Selon les régions, les Japonais parlent des dialectes différents. Linguistiquement parlant, les quatre grands groupes dialectaux sont l’est du Japon (Kantô, Tôhoku, Hokkaidô / 関東, 東北, 北海道), l’ouest du Japon (Chûbu, Kinki, Chûgoku, Shikoku / 中部, 近畿, 中国, 四国), Kyûshû (九州) et Ryûkyû (琉球 = Okinawa 沖縄). Ces séparations sont dues aux facteurs historiques et géographiques : le pays étant montagneux et composé de milliers d’îles, le peuple migrait rarement. En conséquence, plusieurs dialectes ont vu le jour dans cette petite nation (380 000 ㎢), et il existe encore actuellement des différences, comme pour l’anglais au Royaume-Uni. Les Japonais peuvent deviner le lieu de naissance de quelqu’un à ses paroles.

A propos, les étrangers ont tendance à penser que le japonais est proche du chinois puisque ces deux langues comportent des kanji. Mais en réalité, d’un point de vue phonétique ou grammatical, ces deux langues n’ont fondamentalement rien en commun car les Japonais ont emprunté les kanji et les ont adaptés à leur langue. Le japonais reste une langue dont l’origine n’est pas clairement définie, et en dépit des efforts de nombreux spécialistes, c’est tout au plus son appartenance au même groupe linguistique que le coréen qui a pu être élucidée jusqu’ici.

Voir partie 1, partie 2 et parlons kyo-kotoba, le dialecte de l’ancienne capitale

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La langue japonaise -partie 2-

Les Japonais utilisent le même clavier d’ordinateur que les Français mais un logiciel spécial propose un menu déroulant avec les différents kanji correspondant aux hiragana frappés sur l’écran. Par exemple, si on écrit ‘a’ et ‘i’, ce logiciel les change en hiragana ‘あい’. Pour le changer en kanji, on frappe la barre d’espacement. L’écran montre les kanji   愛 藍 会い 合い 相…  (amour, indigo, rencontrer, correspondre, mutuel…) qui se prononcent tous [ai], chaque fois que l’on tape la barre espace.

Pour les téléphones portables, le bouton 1 correspond aux cinq caractère de la ligne ‘あ’, le 2 à ‘か’, le 3 à ‘さ’, le 4 à ‘た’, le 5 à ‘な’, le 6 à ‘は’, le 7 à ‘ま’, le 8 à ‘や’, le 9 à ‘ら’ et le 0 à ‘わ-を-ん’ : si on frappe deux fois la touche 2, l’écran affiche ‘き’; si on tape quatre fois le 7, c’est ‘め’. Au Japon, les jeunes frappent vite leur portable.

Le japonais n’a que cinq voyelles (a, i, u, e, o) et aucune voyelle nasale. C’est pour cela que les Japonais ont du mal à apprendre les langues étrangères. Ils utilisent plusieurs mots étrangers importés au Japon, mais dans leur tête, ils les transcrivent comme des associations de katakana.

Le japonais contient plus de 20 000 mots empruntés à l’anglais, comme テレビ (terebi, télévision). Il y a aussi des mots venus du francais mais les Japonais les utilisent différemment de leur sens originels. Par exmple, アベック (abekku, avec) s’utilise pour dire ‘couple’, et サボる (saboru), de ‘saboter’, veut dire ‘tirer au flanc’.

Voir partie 1 et partie 3

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La langue japonaise -partie 1-

 Le japonais n’est parlé que dans un seul pays : le Japon. Il appartient au même groupe linguistique que le coréen et il y a des points similaires de grammaire et de vocabulaire entre ces deux langues. Les mots japonais n’ont pas de genre et il n’existe pas d’articles. Le verbe venant en fin de phrase, il faut écouter jusqu’au bout pour comprendre les propos de son interlocuteur. Tandis que l’alphabet européen est constitué de phonogrammes, le japonais est constitué d’idéogrammes et est composé de 48 hiragana (ひらがな), 48 katakana (カタカナ) et plus de 4000 kanji (漢字, caractère chinois). Les hiragana et les katakana sont des lettres phonétiques. Ces premiers sont utilisés pour écrire les mots indigènes qui ne s’écrivent pas en kanji ou pour la conjugaison des verbes. Les katakana sont utilisés pour les mots importés.

Hiragana        Katakana                  Prononciation

                                                             (commune aux deux)

あ  い う え お                 ア イ ウ エ オ            a  i  u  e  o

か き く け こ                 カ キ ク ケ コ            ka  ki  ku  ke  ko

さ し す せ そ            サ シ ス セ ソ          sa   shi  su   se    so

た ち つ て と                タ チ ツ テ ト            ta   chi  tsu   te    to

な に ぬ ね の              ナ ニ ヌ ネ ノ            na   ni   nu   ne   no

は ひ ふ へ ほ             ハ ヒ フ ヘ ホ           ha   hi   fu    he   ho

ま  み む め も              マ ミ ム メ モ            ma  mi   mu  me   mo

や (い)  ゆ (え) よ            ヤ  (イ) ユ  (エ) ヨ         ya     i      yu    e    yo

ら り る れ ろ               ラ リ ル レ ロ            ra   ri    ru    re   ro  

わ ゐ (う) ゑ を             ワ  ヰ (ウ) ヱ ヲ           wa    i       u      e     o

ん                                ン                                   n

Les kanji sont arrivés de Chine. Ils diffèrent des hiragana et des katakana car chaque kanji peut avoir un ou plusieurs sens. Il y a envirion deux mille kanji dans l’utilisation courante. Mais l’examen du kanji, Nihon kanji nôryoku kentei (日本漢字能力検定), test populaire au Japon, demande aux candidats d’apprendre de trois à quatre mille kanji.

La lecture du kanji se divise en deux groupes, on-yomi (音読み) et kun-yomi (訓読み). La lecture on-yomi est basée sur la prononciation chinoise, tandis que la lecture kun-yomi est la lecture adaptée en japonais après importation du kanji depuis le continent. Il y a donc plusieurs manières de lire les kanji au Japon. L’apprentissage des kanji demande beaucoup de temps et à la fin de l’école primaire, les enfants connaissent un millier de caractères.

La composition du kanji est intéressante. Par exemple, le kanji 木 (ki, BOKU, MOKU) signifie ‘arbre’. Ce caractère ressemble à la forme d’un vrai arbre. Le mot caractère 川 (-kawa, gawa, SEN), représentant le courant d’eau, signifie ‘rivière’, et le 月 (tsuki, GETSU, GATSU), ressemblant à un croissant, veut dire certainement ‘lune’. Les kanji les plus compliqués vous paraîtront difficile à apprendre au premier coup d’oeil, mais à vrai dire, ils sont en une composition de quelques éléments faciles : le kanji 林 (-hayashi, bayashi, RIN) correspond à deux ‘arbres’ (木) et il signifie ‘bois’. Le kanji 森 (mori, SHIN) constitué de trois ‘arbres’ (木), signifie ‘forêt’. La plupart des kanji ont été créés de cette manière. Il n’est donc pas difficile d’imaginer le sens de mots en le remarquant chaque composant.

Voir partie 2, partie 3 et éducation

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Yonigeya organisateurs d’évasions nocturnes

Fuir ses problèmes n’a rien de très original. Payer un professionnel pour disparaître de la circulation l’est davantage. Au Japon, les « yonigeya », ou “organisateurs d’évasions nocturnes”, aident les débiteurs harcelés par des usuriers à échapper aux mafiosi locaux. Ces maîtres de l’évasion à la fois détectives privés, déménageurs et psychiatres gagnent entre 2 000 et 20 000 dollars par mission, selon la distance, le risque et la complexité de l’affaire.

La “disparition” commence généralement par un coup de téléphone du client potentiel. Après avoir fixé les détails et le tarif de l’opération, les « yonigeya » conviennent d’une rencontre pour évaluer la gravité de la menace, inspecter le quartier et l’appartement, et dresser la liste des objets personnels à déménager.

Dans les cas extrêmes où les clients sont déjà surveillés de près par des mafieux, les « yonigeya » se font passer pour des laveurs de carreaux ou des marchands de tatamis afin d’opérer sans éveiller les soupçons.

La plupart des Japonais qui souhaitent prendre la tangente sont en effet criblés de dettes : ils cherchent à se soustraire à leurs usuriers. Ceux-ci sont en cheville avec le « boryokudan », la mafia nippone qui s’attaque aux plus faibles et aux plus désespérés. Les « yonigeya » vérifient la crédibilité de l’histoire de leur client et refusent les missions qui leur semblent hasardeuses. Il n’existe aucune statistique sur le nombre de « yonigeya » opérant au Japon, mais ils seraient plusieurs dizaines. Tous affirment travailler dans le respect des lois, mais un flou juridique subsiste autour de certaines de leurs activités. La grande majorité de leurs clients étant endettés jusqu’au cou, ils se font payer d’avance et certains fugitifs contractent un nouvel emprunt pour financer leur évasion.

Il faut sept à dix jours pour préparer une opération. Le client ne doit laisser filtrer absolument aucun indice de sa fuite. De leur côté, les « yonigeya » se renseignent sur ses créanciers et choisissent le moment le plus opportun pour la cavale.

Hiroyuki Ono, de la société Agent Express, privilégie les évasions nocturnes, car la loi n’autorise pas les créanciers à contacter leurs débiteurs après 20 heures. Hatori préfère la fin de matinée, à l’heure où les voisins sont sortis faire leurs courses, où les commerçants font leurs livraisons et où les éboueurs ramassent les poubelles, faisant ainsi diversion. Continuer la lecture de « Yonigeya organisateurs d’évasions nocturnes »